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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

Osaka-jo - Entre émerveillement et désillusion

Publié le 8 Novembre 2025 par Gaffeur in Osaka, Histoire, Samouraï, Nourriture

Le taulier Toyotomi Hideyoshi

Le taulier Toyotomi Hideyoshi

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Bien, après une nuit de sommeil bien méritée j'ouvre un premier oeil à 5h45 en me disant que ce matin je serai le premier au château pour m'éviter de me taper la queue de plusieurs dizaines de minutes qui prenait tout l'espace la veille en dépit de la pluie qui s'était mise à tomber. 

A sept heures me voilà devant le majestueux donjon après m'être tapé une sacrée marche. Je vous ai déjà confié que la tour est visible depuis à peu prêt quatre cent mètres depuis la rue, mais je ne vous ai pas dis qu'il va vous falloir prendre votre mal en patience une fois le site atteint.

C'est que pour ralentir la progression de l'ennemi dans le cas où celui-ci aurait franchi les douves il fallait concevoir les remparts comme un goulot d'étranglement histoire de pouvoir prendre les assaillants entre deux feux. 
Il faut ainsi une dizaine de minutes de marche entre l'instant même où vous pénétrez dans l'enceinte à proprement parler et le moment où vous vous trouverez devant l'entrée de la tour. 

Comme je l'avais prévu il n'y a encore personne et je vais pouvoir être le premier dans la file, par contre j'aurai mieux fait de chouffer les horaires car le donjon n'ouvre pas avant neuf heures. 

Bah mon con heureusement que j'ai pris un bouquin !

De plus on ne dirait pas comme ça mais le donjon est assez délicat à prendre en photo car si on s'approche trop le résultat ne permet pas de voir le dernier étage et il n'est pas aisé de l'avoir en entier sans être trop loin. 
Je fini cependant par trouver le parfait spot et me demande comment tuer le temps jusqu'à l'ouverture. 

Mais l'enceinte réserve quelques lieux visitables tels qu'un temple bouddhiste ou encore le shudokan où s'exerce déjà des épéistes dont les frappes au sabre de bois et le kiai se font entendre bien avant que l'on aperçoive le dojo. 

Impressionné par les quelques frappes que j'ai la chance d'entrevoir depuis l'entrée je retourne vers les remparts où il me semble entendre un chant zen. J'approche doucement en me disant que s'il s'agit d'un moine mieux vaut être discret pour ne pas troubler sa méditation, mais il ne s'agissait finalement que d'un groupe de vieux dont l'un des participants se tapait un grand kiff en chantant depuis le haut des remparts. 

Franchement ce genre de situations m'évoque les jeux vidéos façon Red Dead Redemption où notre curiosité permet de découvrir des évènements aléatoires qui ne se produisent qu'une seule fois !

Réjoui par la patate de ce gars et impressionné par la puissance de sa voix, je me dirige vers la tour qui ne va pas tarder à me dévoiler ses secrets... Ainsi qu'à beaucoup me décevoir. 

 

Il faut vraiment chercher le bon spot, mais à l'arrivée je ne suis pas déçu

Il faut vraiment chercher le bon spot, mais à l'arrivée je ne suis pas déçu

Après cette longue attente dans le parc, Osaka-jo m'ouvre enfin les portes de son donjon. Et là, comment vous décrire cette sensation de se dire qu'on pénètre dans un château que l'on a toujours souhaité visiter et d'avoir l'impression d'avoir atterri dans le hall d'entrée d'un casino de la côte d'Azur... 

Attention l'intérieur n'est pas moche en soit mais une fois la porte d'entrée franchie à aucun moment on ne se sent au coeur d'une forteresse car tout est ultra-moderne à l'intérieur. 

Certes le donjon de Hiroshima avait un intérieur décevant, mais au moins l'entrée et une partie du deuxième étage reconstituaient l'architecture de l'époque. 

Là on sent un peu le côté piège à touriste avec la possibilité de coiffer les copies des casques des plus grands samouraïs ayant participé au siège hivernal. Je parviens à résister à l'envie d'essayer celui de Sanada Yukimura dont les bois de cerfs m'évoquent Jin Sakai le héros de Ghost of Tsushima, par contre impossible de faire l'impasse sur le t-shirt à l'effigie de ce gars.

C'est que même si la déception du décor fut immense, l'occasion de se cultiver fut en revanche à la hauteur de mes espérances avec énormément de maquettes, d'armures et de peintures consacrées aux plus hauts faits d'armes des guerriers pendant plusieurs batailles. 

Sanada fut ainsi l'un des seigneurs ayant participé aux combats les plus difficiles du siège d'été en juin 1615 dans le sens où il fut l'un des premiers à se frotter à la force de 150 000 bushi que Tokugawa Ieyasu avait rassemblée pour prendre la place-forte. 

Peut-être que les films de samouraïs ont romancé les faits d'armes et les façons de se battre des guerriers japonais (par exemple le katana ne servait qu'en cas d'urgence, la lance et le naginata étant largement favorisés sur le champs de bataille), mais l'histoire de la lutte finale de Sanada est digne de ce que l'imaginaire collectif peut proposer en matière d'honneur et de lutte désespérée. 

Cela valait bien que je claque mes ronds dans un t-shirt à l'effigie d'un guerrier aussi courageux. 

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Même si ce sont des reproductions, ça en jette quand même

Même si ce sont des reproductions, ça en jette quand même

Arrivé au sommet du donjon j'ai une nouvelle preuve de la qualité de l'éducation à la japonaise. En effet pendant que j'arpentais les étages du donjon devant les très nombreuses pièces exposées ainsi que les quelques vidéos proposées, une classe d'élèves de primaire est arrivée. 

Et ce qui peut parfois se traduire chez nous par un vrai bordel et des gamins qui courent dans tous les sens, les minots se montrent disciplinés et rasent les murs à la file indienne pour ne pas empêcher les autres visiteurs de circuler dans les escaliers. 

De plus tandis que je souhaitais pénétrer sur la plate-forme d'observation du dernier étage et que j'attendais mon tour, j'entends un des écoliers s'adresser à la personne devant moi en reconnaissant les mots "sensei" et "gaijin". L'homme se retourne et s'écarte en s'excusant de m'avoir bloqué le passage. 

Je lui répond qu'il n'y avait aucun mal et je salue le gamin qui en dépit de son jeune âge semble bien parti pour devenir aussi bienveillant que 99.9% des gens que j'ai croisé lors de mes périples sur l'Archipel.

Et là si la décoration intérieure m'a terriblement frustré malgré le savoir que j'y ai acquis, quelle claque que cette vision d'Osaka depuis le dernier étage du donjon !

Je ne cesserai jamais d'être aussi épaté par cette capacité qu'à ce pays à embrasser la modernité tout en restant attaché à son patrimoine : prendre une photo de buildings et de quartiers d'affaires depuis une tour où se tenait il y a plusieurs siècles un mec aussi important pour l'histoire japonaise que Toyotomi Hideyoshi a définitivement quelque chose de grisant et d'incomparable. 

L'intérieur déçoit, mais le point de vue depuis le sommet est exceptionnel

L'intérieur déçoit, mais le point de vue depuis le sommet est exceptionnel

Osaka-jo - Entre émerveillement et désillusion
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Bon vous n'avez tout de même pas cru que j'allais laisser passer cette journée sans me trouver de quoi me restaurer ? Et non, alors que la nuit tombe je décide de retourner contempler le donjon by night avant de tenter de me frotter à la cuisine locale.

C'est qu'à Osaka on trouve deux spécialités culinaires : l'okonomiyaki et le takoyaki. Le second étant à base de poulpe soit un aliment que je n'ai jamais goûté, je préfère ne pas tenter l'expérience car les stands proposent à chaque fois des portions contenant six à dix beignets... Si cela ne me plaît pas je ne serai jamais capable de finir et je n'aime pas gaspiller. 

Soudain alors que je me promenais sans réel objectif dans les environs du château que l'éclairage rend encore plus impressionnant je tombe sur l'entrée d'un immeuble dont un panneau précise que le sous-sol se compose d'un restaurant servant les fameux okonomiyaki. 

En temps normal je trouverai étrange qu'un restaurant se trouve planqué dans une cave, mais je me souviens des mots de ma prof de japonais : "n'aies pas peur de rentrer dans des endroits qui ont l'air louche, tu mangeras toujours très bien". 

Je me décide donc à rentrer et effectivement le personnel est aussi accueillant qu'ailleurs et la salle est habillée d'une odeur qui donne l'eau à la bouche.

Comment vous décrire ce plat qui ne ressemble à aucune autre recette ? 

Je pourrai vous dire qu'il s'agit d'une sorte d'omelette dans laquelle des tas d'ingrédients sont ajoutés et où l'oeuf ne sert qu'à attacher les éléments entre eux. 

Chaque bouchée me procure ainsi une nouvelle sensation et une saveur inédite : je sens qu'il y a du bacon, mais aussi du gingembre, des oignons et probablement de la ciboule tandis que le sommet du plat est recouvert de sauce teriyaki et de mayonnaise par dessus lesquelles des copeaux de bonite séchée ont été saupoudrés généreusement. 

Bon par contre le restaurant en question servait le plat sur une plaque de cuisson en vous fournissant deux spatules afin de découper votre okonomiyaki en fur et à mesure en laissant le reste au chaud afin d'éviter un refroidissement de l'omelette. 

Et autant je peux avoir des capacités pas dégueu en ce qui concerne la découpe d'aliments lorsque je cuisine, concernant l'emploi des spatules il y aurait quand même beaucoup à redire sur le geste et la grâce du mouvement. 

Cette escapade à Osaka touche à sa fin, et j'avoue que je regrette un peu de ne pas avoir prévu une autre journée là bas car la ville semble cacher tellement de pépites culinaires et culturelles que je pense que lors de mon prochain voyage il faudra que je m'y attarde davantage. 

Ca fait coupe gorge, pourtant on se régale !

Ca fait coupe gorge, pourtant on se régale !

Quel plat incroyable que l'okonomiyaki !

Quel plat incroyable que l'okonomiyaki !

Sayonara Osaka-jo, je t'aime beaucoup quand même !

Sayonara Osaka-jo, je t'aime beaucoup quand même !

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