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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

Ah, Shinsengumi !

Publié le 22 Mars 2026 par Gaffeur in Histoire, Kyoto

Cette fois-ci je ne t'ai pas loupé

Cette fois-ci je ne t'ai pas loupé

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Parmi tous les fails qui ont pu m'arriver pendant les deux (pour l'instant) voyages au pays du Soleil Levant je pense que l'un des plus fameux devait être ce moment où après avoir visité la maison qui servait de quartier général à l'état-major du Shinsengumi sans comprendre que vingt mètres plus loin se situait l'entrée du temple qui faisait office de quartier-général de la troupe. 

Aaaah fallait quand même la faire celle-ci, pour un passionné d'histoire de la milice de Kyoto réaliser autour d'une bière deux semaines plus tard que le gros de la visite m'avait échappé je dois bien avouer que j'avais vidé mon verre d'un trait avant d'en commander un second histoire d'aider à faire passer la pilule. 

Ainsi de retour au quartier de Nijo me voici à nouveau en train d'arpenter les ruelles de cette partie résidentielle de la ville pour me retrouver devant la bicoque de l'an dernier : la boulangerie est toujours là avec ses délicieux dango au matcha mais pour le coup l'entrée de la maison est masquée par un échafaudage. 

On ne distingue presque pas les drapeaux bleu et blanc indiquant la présence du Shinsengumi et je plains l'instagrameur venu exprès pour faire une photo de la façade... Comme quoi j'aurai au moins eu du pif l'an passé d'être au moins passé faire la visite guidée !

Mais ne refaisons pas la même connerie et marchons effectivement pendant une trentaine de secondes pour découvrir l'entrée du temple de Mibu-dera, et au passage demandons nous comment bon sang de bois ai-je pu ne pas remarquer un tel endroit la dernière fois ?

Lieu historique et décor de cinéma : je suis aux anges !

Lieu historique et décor de cinéma : je suis aux anges !

Bah mon vieux y'en a eu de la casse

Bah mon vieux y'en a eu de la casse

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Le temps de prendre une première photo de l'entrée (après avoir salué rassurez vous) et un détail me saute aux yeux : je vais plutôt me placer de l'autre côté pour immortaliser la place ça me permettra de ne pas me retrouver avec des foutus SUV noirs sur une photo d'un lieu aussi important sur les plans historiques et religieux.

C'est vrai que même si nous ne sommes plus au temps des samouraïs cela fait quand même bizarre de voir des bagnoles garées dans la cour !

Mais qu'importe me voici au coeur de ce qui fut le camp principal de la milice de Kyoto entre 1864 et 1869. 

A cette époque le Japon était ravagé par une guerre civile qui opposait les forces de l'Empereur Meiji au Shogun Tokugawa Yoshinobu. 
Les premiers voulaient s'ouvrir à l'Occident et ainsi accueillir la modernité en laissant de côté les castes ancestrales tandis que le shogunat était conservateur et ne voyait pas d'un bon oeil l'arrivée d'armes modernes et d'étrangers sur le sol Japonais. 

Au sein de cette période appelée Bakumatsu (ou guerre de Boshin) Tokugawa ne pouvait pas s'installer à Edo que Meiji renomma Tokyo au moment de la déclarer nouvelle capitale du pays. 

Tokugawa était basé à Kyoto puis par la suite à Osaka, et afin de veiller à l'ordre public dans les rues de l'ancienne capitale au nom du shogun fut créée une milice composée d'anciens samouraïs.

Son nom je vous le donne Emile : le Roshigumi.

Mais après même pas un an d'existence une partie des officiers les plus attachés au Bushido décidèrent de faire le tri parmi les membres les moins reluisants (avec les coups de sabre que vous pouvez imaginer que cela a impliqué) pour devenir cette fois-ci le Shinsengumi.

A partir de là la milice recruta ses membres avec plus de précaution afin d'éviter de se retrouver avec des pillards, des flans ou des racketteurs du temps du Roshigumi et de faire réellement appliquer l'ordre dans les rues de la ville.

Leur plus célèbre fait d'armes est très certainement ce que l'on appellera l'Incident d'Ikedaya où la milice fonça en nombre dans le ryokan du même nom pour raser tous les conspirateurs et fidèles de l'Empereur qui s'y trouvaient avant de tout cramer. 

A partir de là c'était dit haut et fort : on ne déconne pas avec le Shinsengumi. 

N'oubliez pas de demander un billet pour le musée en sous sol

N'oubliez pas de demander un billet pour le musée en sous sol

Irez vous à la rencontre de Hijikata Toshizo et Kondo Isami ?

Irez vous à la rencontre de Hijikata Toshizo et Kondo Isami ?

Sur la droite après avoir franchi les portes vous trouverez un petit autel rouge mais aussi un bâtiment qui vous permettra d'accéder à un petit jardin dans lequel vous trouverez des bustes en pierre à l'effigie des plus hauts noms de la milice : Kondo Isami qui a occupé le poste de commandant jusqu'à son sa capture puis son exécution par les forces impériales en mai 1868 ainsi que Hijikata Toshizo qui prit le commandement par la suite et mena la milice au cours de la bataille de Toba-Fushimi. 

Mais attention ce jardin n'est pas le seul endroit auquel vous aurez accès car le bâtiment dispose d'un discret petit musée dans son sous-sol. 
Musée où hélas les photographies sont interdites et où vous pourrez admirer quelques reliques en lien avec la milice : drapeau, haori, katana... Mais aussi profiter via un écran de quelques pièces de Kabuki. 

A l'issue je ressors en comprenant que le monticule a l'extérieur comporte en fait les cendres des miliciens tombés au cours des quelques années qu'a duré le Shinsengumi. 

Ca en fait tout de même quelques uns.

Mais pour l'anecdote la vie au sein de la milice était encore plus rude que la vie de samouraï car comme je l'expliquais plus haut la création de cet ordre a été motivée en réaction à l'arrivée de la modernité, d'où un code encore plus strict. 

Reprenant les bases du bushido, les règles du Shinsengumi notamment prévoyaient de ne surtout pas s'écarter de l'ordre et de ne jamais opérer à titre personnel, qu'il s'agisse de se battre ou de récolter de l'argent. 

Et si par malheur au cours d'un combat un milicien était frappé dans le dos, il avait pour ordre de se faire seppuku pour se rattraper de l'outrage que constituait l'idée qu'on ait pu frapper un représentant du shogun par derrière. 

Le code de la brigade était si strict qu'environ un tiers des miliciens morts pendant ces quelques années d'activités étaient des condamnés qui avaient manqué au règlement. 

Ouais fallait clairement pas être pris en train de piocher dans la caisse pour aller se payer une flasque de saké et une oiran !

En tout cas si aujourd'hui encore les goodies du shinsengumi et leur célèbre devise Makoto (sincérité) se trouvent encore un peu partout à Kyoto (mais pas que, à Kanazawa le gérant de la guesthouse où je résidais avait noté mon badge avec enthousiasme) au point que pendant Halloween j'ai croisé des gamins qui avaient revêtu le haori bleu aux pointes blanches, c'est que la milice a marqué durablement les esprits.

Si les miliciens sont régulièrement mis en scène au cinéma ou dans les manga puisque récemment Hijikata Toshizo a fait un caméo dans un film Detective Conan c'est précisément parce que ces gars là incarnent à eux seuls l'âme de l'ancien Japon. 

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Cette stèle constitue un hommage au chanteur Michiya Mihashi qui composa la chanson "Ah, Shinsengumi"

Cette stèle constitue un hommage au chanteur Michiya Mihashi qui composa la chanson "Ah, Shinsengumi"

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