Et nous y voilà enfin !
Quasiment un an jour pour jour après mon premier périple au Japon me voici de retour sur le sol nippon après un vol qui ma foi a été une nouvelle preuve de la qualité du service de ANA airlines : large choix de films récents, hôtesses à l'attitude si paisible et souriante qu'on oublie vite qu'on se trouve à 10 000 mètres au dessus du sol et surtout la sensation d'avoir été sur un rail pendant 13 heures.
Aaah... Quel plaisir de retrouver ces petits détails qui te font penser que tu es vraiment de retour : les bagnoles carrées, les tokyoïtes perchées sur des semelles de 15 centimètres, les vieilles avec leurs espèces de visières géantes à la con pour se protéger du soleil... Pas de doute c'est bien Tokyo !
Mais vous me connaissez peut-être je ne suis pas du genre à me dire "ok dès que j'arrive je dors sur Tokyo et je bouge le lendemain pour une nouvelle destination" aussi une fois sorti de l'avion et mon boîtier wifi en poche je me rend à la gare de Tokyo pour retrouver ce bon vieil express Nozomi qui va me conduire jusqu'à Osaka.
Osaka !
Première des trois destinations inédites de ce second périple je dois avouer m'y rendre pour deux choses seulement : visiter le château (si vous vous demandez en grognant si je vais encore passer des heures à vous bassiner avec des histoires de samouraïs la réponse est oui, oh que oui) et tenter d'enfin déguster la spécialité culinaire locale j'ai nommé l'okonomiyaki.
Et comme j'ai déjà un premier voyage au Japon dans mon bagage je suis certain de ne pas faire de bêtises, du moins pas le premier jour !
Hu hu hu...
Té au passage j'ai eu droit au monorail kawaii entre Haneda et la gare de Tokyo... Amusant mais pour le coup j'ai l'impression d'être un prédateur dans ce train clairement destiné aux gamins -_-
Pour les deux nuits à venir je vais crécher à l'hôtel Noum Osaka dont je me suis assuré lors de la réservation qu'il se trouvait à une distance raisonnable de la gare ainsi que du château car de ce côté là je ne change pas et ne serais jamais un adorateur des transports en commun.
Estimation du temps nécessaire entre la gare et l'hôtel à pieds lors de la réservation : 25 minutes. Bon avec une grosse valise à trimbaler partons sur du 30 ce qui est plutôt honnête.
Je descends du shinkansen et après avoir souri connement en passant devant une publicité dont l'égérie est autre que Fujiwara Tatsuya (et donc pour le public occidental le vainqueur de Battle Royale et éventuellement le proprio du Death Note) j'allume le pocket wifi et me lance dans la direction indiquée quand soudainement QUOIIIIII ???!!!
Une heure quinze de marche ?
Nan je sais le truc est encore en train de charger donc je n'ai qu'à attendre quelques instants pour éviter de faire la même bêtise qu'à Kyoto l'an dernier et de partir dans la mauvaise direction car je n'aurai pas assez attendu que l'alignement soit terminé. Une heure et quart ouais bien sûr, en trente minutes je le fais que j'avais dis.
Sauf que, et là ceux parmi vous qui me lisent et qui sont déjà allés à Osaka sauront ce qu'il en est j'ignorais qu'il y avait deux gares dans cette ville, une pour les lignes JR et une réservée aux shinkansen.
Du coup à votre avis sachant quel train je viens de quitter mon hôtel se trouve à côté de laquelle des deux ?
Aaah ? Vous chauffez !
J'avais dis que je ne marcherait pas 1h15, et c'est ainsi l'ego complètement satisfait que j'arrive dans l'hôtel après 1h13 minutes précises.
Voyons le bon côté des choses, je pourrai dire que j'ai vraiment vu Osaka pour m'être coltiné un ou deux ponts immenses et traversé certaines rues commerçantes en me retenant de m'arrêter devant les nombreux stands de street food : j'ai faim mais si je fais une pause maintenant ce sera encore plus dur de repartir après 25 heures éveillés et la digestion en prime.
Mais après ce premier impondérable mon moral remonte en une fraction de seconde lorsque tandis que j'attendais mon tour pour l'enregistrement au comptoir surgit la dame responsable du bar de l'hôtel avec un grand verre d'eau fraîche et un regard inquiet.
Je lui explique que tout va bien mais que je viens de me taper une marche imprévue d'où le fait que les valises sous les yeux soient aussi grandes que mon bagage, puis elle décide de m'enregistrer elle même afin que je puisse accéder plus vite à la chambre et me reposer plus rapidement.
L'hospitalité japonaise.
Deux mots et un concept qui m'avaient terriblement manqués.
Mais aussi curieux que cela puisse paraître je ne peux pas résister à l'envie d'aller voir le château dont je crois me souvenir qu'il n'était pas très loin de l'autre côté de la rivière Tosahori.
Je traverse ainsi le pont en me demandant si le GPS me sera utile lorsque après avoir traversé un immense carrefour en décidant arbitrairement d'aller sur la gauche le fameux donjon d'Osaka-jo est en vue à environ quatre cents mètres.
Bien. Coupons le pocket histoire d'économiser un peu la batterie.
Vous savez j'ai pu apprendre par la suite que le château a subi un très célèbre siège appelé le siège hivernal au cours duquel Toyotomi Hideyoshi a vu fondre sur lui les forces de Tokugawa Ieyasu et qu'il aura fallu trois mois et la mort de très nombreux valeureux samouraïs pour mettre terme aux hostilités.
Et en toute franchise je pense que rien de tout ça ne serait arrivé si à l'époque le restaurant Joto Otemae avait été ouvert.
Parce que quand un gars qui a 30 heures de trajets dans les pattes trouve la volonté d'aller jusqu'au château en se disant que rien n'allait l'arrêter et qu'il a fallu une simple odeur de curry pour le faire instantanément bifurquer et se mettre à sniffer l'air pour remonter la piste olfactive jusqu'au restaurant, je pense qu'on peut dire sans se tromper que si Tokugawa avait décidé de faire une halte cela aurait laissé le temps à Hideyoshi de se barrer ou de mieux préparer sa défense.
Et si vous ne pensez pas que de la nourriture puisse changer le cours d'une bataille demandez un peu à Grouchy comment étaient les fraises et puis on en reparlera.
Je vous propose ainsi en lieux et place du château en guise de conclusion à cette première étape de la saison deux une première image gourmande.
C'est parti pour un Katsu Karee (donc un curry au porc pané) avec en prime une recette éphémère car nous sommes à quelques jours d'halloween donc le restaurant propose un korokke (japonisation de croquette) de citrouille comme accompagnement.
La nana qui mélange le curry dans une marmite que n'aurai pas renié Panoramix, le gars qui découpe les escalopes panées dans un "crtch crtch" à faire frémir le plus fanatique des végans, le riz recouvert d'un nappage couleur caramel et des korokke à la citrouille fondants à souhaits...
Je ne sais pas si c'est le plaisir de retrouver la gastronomie japonaise, mais j'affirme que le meilleur karee que j'ai pu déguster au Japon se trouve dans ce petit restaurant : il s'agit de mon plat japonais préféré et aucun des autres dégustés par la suite ni de ceux de l'an passé n'ont atteint ce degré de perfection.
Pour l'anecdote : oui je suis bien allé au château par la suite, mais entretemps le temps s'était bien couvert donc les photos de ce jour là ne sont pas forcément tip top.
Je vous présenterai donc l'édifice la prochaine fois !
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