Et oui mes oiseaux, ce n'est pas pour donner raison à cette maxime à la gomme qui veut que toutes les bonnes choses ont une fin, mais malheureusement votre voyage au Japon a une date d'expiration.
Vous ne couperez pas à cette terrible sensation lors du dernier jour de réaliser que vous allez devoir rentrer en Europe et retrouver tout le bordel, les gens qui gueulent, les procédures mal foutues, l'aéroport de Francfort avec ses rats, ses agents des douanes aimables comme un répondeur IA et ses pizzas à 15 balles où une feuille de basilic posée sur une tonne de fromage fondu semble suffire devant un tribunal pour obtenir le nom de Margharita.
Mais plutôt que de vous morfondre et de gâcher vos dernières heures au pays de Jigoro Kano, fouillez donc votre portefeuille car je suis certain qu'il vous reste encore quelques billets qui ne vous serviront plus à rien à votre retour au pays, à moins de prévoir de vite revenir au Japon et de les conserver pour le prochain séjour.
Voici donc quelques lieux qui vous serviront pour alléger votre bourse avant de repartir, et au passage un conseil précieux sur le shinkansen qui pourrait au contraire vous faire économiser quelques dizaines de milliers de yen pour mieux profiter de votre séjour.
Si vous avez fait escale dans au moins une grande ville nippone nul doute que vous vous êtes déjà retrouvés devant l'une de ces immenses allées commerçantes piétonnes.
Très pratiques car couvertes ce qui permet de faire son shopping même en temps de pluie (revers de la médaille chaque piéton des alentours se détournera de son trajet habituel pour être à l'abri donc bonjour la marée humaine) ces allées nommées shotengai comportent absolument tout ce dont vous avez ou n'avez pas besoin !
Franchement pour quelqu'un comme moi qui déteste faire les boutiques pour trouver des fringues, ce genre d'endroit reste impressionnant car pour peu que vous vous trouviez à l'intersection de deux shotengai vous allez rapidement vous demander par où poursuivre votre exploration et si le haori qui vous fait de l'oeil ne serait pas moins cher chez un autre commerçant ?
Globalement ces galeries sont plutôt abordables et devraient vous aider à dénicher la pépite que vous voulez ramener pour tante Cryda et dame Ygerne !
Et si vous ne cherchiez pas de quoi vous habiller, pas de problème !
Certaines zones sont plus axées nourriture et de ce côté là comment oublier le shotengai Nishiki-koji Dori à Kyoto où des dizaines pour ne pas dire des centaines d'échoppes vous proposent des spécialités de street food succulentes pour un prix dérisoire : tempura de crevette, calamar grillé, fruits de saison arrosés de chocolat fondu...
De ma plus belle imitation de Samuel L. Jackson JE VOUS MET AU DEFI DE TRAVERSER SANS ACHETER AU MOINS UN TRUC.
Naturellement il va sans dire que de très nombreux cafés n'attendent que vous pour déguster une délicieuse boisson et des pâtisseries à base de matcha, et je ne le dirai jamais assez mais le matcha au Japon c'est autrement plus savoureux que les conneries qu'on trouve dans nos contrées alors n'hésitez pas !
Bien, voici donc une idée de ballade destinée à vous faire claquer un peu de pognon, mais voici à présent une anecdote qui vous permettra au contraire de garder de l'argent pour mieux le dépenser par la suite !
Je dois bien avouer que pour mes deux voyages sur l'archipel je me suis pas mal servi de vidéos de youtubeurs japonais tels que Louis San, Tokyo no Jo ou Enchantée Erica histoire de connaître quelques astuces concernant les protocoles ou le fonctionnement du pays.
Et dans l'une d'elles ce brave Louis parlait du Shinkansen qu'il est possible de booker à la toute dernière minute car il y aura toujours des places prévues pour les voyageurs inattendus.
Etant donné que le prix du trajet est fixe, pour ma part ce fut une angoisse de moins que d'acheter chaque billet à la gare quelques minutes avant le départ du train, et effectivement avec trois voitures réservées aux billets de dernière minute il y a de quoi accueillir un paquet de monde.
Sauf que !
Sauf que la vidéo de Louis en question date de plusieurs années et qu'entretemps le tourisme a pas mal grimpé, ce qui peut poser quelques soucis surtout si la destination choisie est éloignée des canaux touristiques classiques.
L'aller Tokyo-Kanazawa ? Environ 14 000 yen soit 75 balles dans la monnaie de technocrate européenne, une place dans les trois wagons classiques... Pas de problème !
Par contre concernant le retour...
J'avais bien vu qu'il y avait un train à 11h30 qui me débarquerait à Tokyo à 13h15, soit l'heure idéale pour poser mes bagages à l'hôtel et profiter de la dernière après-midi avant le retour au pays.
Evidemment je me pointe comme une fleur à 10h10 et me rend à la borne muni de deux biftons de 10 000 pour régler la course et...
Pardon ?
35 000 Yen ????
J'ai compris : j'ai choisi un siège numéroté et pas la bonne voiture, je recommence.
36 000 Yen.
Je suis un génie, c'est encore plus cher !
Bon soit j'attends le prochain à 13h et je flingue la dernière aprem soit je me fait violence et je raque plus du double de ce que j'ai payé à l'aller...
Evidemment ne me voyant pas attendre trois heures à la gare j'ai choisi le couperet.
J'arrive sur le quai et constate qu'une hôtesse vient attendre à quelques mètres de moi.
"Tiens, elle doit faire un transfert pour son boulot" me dis-je.
Vous pensiez que la vue de cette élégante personne m'aurait fait réaliser la situation ?
Parce qu'en fait si le billet était aussi cher, c'est parce que les dernières places non réservées se trouvaient dans la voiture Premium !
Une connerie de plus sur ma liste, mais relativisons tout de même : pour environ 190 balles j'ai droit à un fauteuil de malade et à une hôtesse qui n'attend que mon regard pour venir me proposer un café, un thé, des gâteaux et des snacks gratuits (enfin gratuits, j'ai payé 200 boules donc à ce prix là il peut y avoir du thé).
Parce que à titre de comparaison je viens de booker un trajet pour la Normandie, j'en ai eu pour 140 balles et je doute que le train sera du même calibre.
Du coup même si cette dépense était imprévue, était-ce vraiment une catastrophe ? Certes non mais si votre destination sort des sentiers battus réserver en avance peut vous préserver de ce genre de gaffe.
Après cette aventure un poil embarrassante puisque l'hôtesse pleine de courtoisie avait visiblement compris que j'étais un plouc paumé chez les snob' qui ne savait pas que dans ce genre de voiture il y avait un coffre spécial pour les valises et que je n'avais pas besoin de garder la mienne à mes pieds, j'arrive enfin à Asakusa.
Pour le coup le karma me renvoie l'ascenseur car la chambre que je devais occuper initialement a connu un dégât des eaux, résultat je suis relogé dans une piaule avec quatre lits et deux espaces de bains sans avoir à sortir un kopeck.
Les affaires posées (valise sur le lit, fringues sales sur le deuxième lit, tandis que je garde le troisième pour moi et le dernier pour les trois ours) je me lance dans une quête consistant à trouver un endroit pour dépenser mes derniers billets.
Asakusa regorge bien entendu de boutiques traditionnelles face à la célèbre pagode rouge du temple Senso-Ji, mais si on s'écarte un peu de l'axe principal nous pouvons tomber sur un vrai piège à touristes mais dont on ne peut résister à l'envie d'explorer.
Don Quijote et sa mascotte le pingouin Donpen me toisent du haut de leurs cinq étages truffés de tout et n'importe quoi : cosmétiques, snacks, vêtements, jouets, maquettes, goodies Ghibli...
Je pense qu'il n'est pas exagéré de dire que chaque grande ville du pays a au moins un Donki (au total il y en a plus de trois cents) et naturellement il y en a 55 à Tokyo !
Et pour être sûr que vous n'y coupiez pas il y a carrément un mini donki dans le terminal des départs de Haneda, parce que soyons honnêtes on a toujours besoin d'un paquet de kit kat au maroilles, d'un balais à chiottes Emmanuel Macron (non là je déconne mais j'suis sûr que ça se vendrait bien), d'un pin's Totoro, d'un Fanta Beetlejuice ou d'un magnet en forme de Maiko !
L'intérêt principal de ces magasins est qu'ils sont ouverts 24 heures sur 24 et que les étrangers peuvent profiter de la détaxe sur la plupart des produits : il y a en effet une caisse au premier étage pour le règlement classique tandis qu'au quatrième ou cinquième niveau se trouvent les caisses "tax free" qui pourront vous faire économiser quelques yen.
Maintenant soyez avertis que cette chaîne reste un bazar donc comme son nom l'indique non seulement c'est le bordel mais en plus il ne s'agira pas de produits de très grande qualité.
De plus l'ouverture non stop est un plus si vous voulez noyer votre blue d'avoir dû quitter vos potes de l'auberge Toco avant de regagner votre hôtel, mais sachez que vous ne serez pas le seul à avoir eu cette idée !
Même à plus de minuit le magasin était bondé et la file des caisses non taxée prenait littéralement tout l'étage... Résultat je suis allé aux caisses normales sans détaxe mais où l'attente était de seulement une quinzaine de minutes.
Et le pire c'est que malgré la montagne de conneries que j'avais pu trouver, à la fin il me restait encore presque sept mille yen...
Bon bah ceux là on va les garder pour la prochaine fois !
/image%2F7054214%2F20260608%2Fob_697300_img-20251021-234514.jpg)
/image%2F7054214%2F20260608%2Fob_a21f78_img-20251022-123746.jpg)
/image%2F7054214%2F20260608%2Fob_dc1ccc_img-20251105-101255.jpg)
/image%2F7054214%2F20260608%2Fob_bb5b8e_img-20251105-102048.jpg)
/image%2F7054214%2F20260608%2Fob_c30708_img-20251105-221021.jpg)