Le premier truc rigolo qui est arrivé pendant mon périple s'est produit durant la soirée précédant le décollage !
En effet le décollage étant prévu à 6h du matin, cela sous entendait une arrivée à 4 heures à l'aéroport pour l'enregistrement des bagages.
Ainsi la décision fut prise de dormir sur Nice afin de grapiller quelques heures de sommeil.
C'était sans compter sur le fait que les Niçois allaient coller un 8-0 à Saint-Etienne qui allait bien évidemment se fêter par un concert ininterrompu de klaxons et de chants ironiques "qui c'est les plus forts évidemment c'est les verts" jusqu'à facilement une heure du matin.
Bref le réveil à 3h30 fut difficile et si j'avais hâte de quitter notre occident pour un pays réputé carrément plus calme dire au revoir à la famille dont je ne me sépare jamais aussi longtemps était également assez dur.
Le premier vol Nice-Munich se déroule sans encombre : une heure et dix minutes sans la moindre turbulences puis une attente de presque quatre heures à l'aéroport allemand.
Cela me laisse le temps de lire "Le Café du temps retrouvé", un roman japonais de Toshizaku Kawaguchi sur un café où les clients ont la possibilité de visiter leurs parents et amis disparus s'ils respectent quelques règles.
Un roman léger, sans véritable scénario mais qui me plonge instantanément dans la poésie des histoires japonaises et la sérénité de leurs cafés (évidemment je reviendrai là dessus bien plus tard).
Quatre heures plus tard je me trouve enfin dans l'avion de All Nippon Airways qui aura pour mission de me déposer à l'aéroport de Tokyo Haneda (j'aurai pu choisir celui de Narita, mais il était plus simple pour la suite du parcours de commencer par Haneda).
A peine entré dans l'avion les sourires et les saluts des hôtesses me rendent encore plus impatients d'atterrir au pays du Soleil Levant : l'appareil est spacieux et la tablette incluse sur le siège devant moi regorge de films récents, clips, reportages qui m'aideront à passer ces 15 heures de vol plus facilement.
Ainsi je me suis félicité de ne pas avoir mis 17 balles pour l'horrible Bad Boys 4 et de ne pas avoir craqué pour un abonnement amazon devant le moyen Ministère de la Sale Guerre.
C'est pas de bol, parmi la liste de films proposés le seul qui m'intéresse véritablement est The Fall Guy mais il n'est dispo qu'en VO sans sous titres, curieux étant donné que tous les autres sont proposés en français ou au minimum en VO sous titrée.
Malheureusement si la VO non sous-titrée ne m'effraie pas dans le principe le vol n'est hélas pas de tout repos : les turbulences sans êtres énormes sont très fréquentes et il est difficile de ce concentrer sur le film en cours quand les vibrations font trembler l'appareil.
Enfin s'asseoir côté hublot est agréable pour le cadre, mais j'avoue que pour un premier vol long voir l'aile remuer pendant tout le trajet n'était pas quelque chose de très rassurant.
Quinze heures et un atterrissage que mes voisins de vol me confirment comme étant un peu violent, j'arrive enfin à Haneda !
Je me dirige vers le guichet sur lequel est inscrit "WIFI" en pensant récupérer le boîtier qui m'accompagnera et me permettra de me localiser sur maps pendant ces 18 jours.
"Désolé vous êtes au terminal 2, il faut aller le récupérer au terminal 3 ne vous en faites pas il y a un bus gratuit au premier étage".
Et évidemment qu'en temps normal j'aurai réagi de façon posée et je me serai rappelé des conseils de Mikiko San ma prof de japonais : "attention au Japon il n'y a pas d'étage zéro, le rez-de-chaussée nous l'appelons 1er étage".
Sauf que je viens de passer 15 heures rythmées par les turbulences sans oublier la nuit quasi-blanche parce que les verts ont pas été foutus d'assurer un petit but alors bien sûr que par réflexe j'ai pris les escalators pour monter d'un étage sans avoir la présence d'esprit de me dire qu'un bus ne peut pas se trouver à un étage...
Mais bon qu'importe une fois ma bêtise réalisée je récupère enfin mon boîtier puis après avoir retiré un peu de liquide je me met en route pour la gare de Tokyo.
Et oui dans ma grande sagesse j'ai décidé de commencer par Hiroshima et de prendre le Shinkansen tout de suite après l'atterrissage pour ne pas perdre une journée à attendre à Tokyo.
Le trajet en monorail reliant l'aéroport à la station de métro qui me permettra de rejoindre la gare fut très agréable : il est encore tôt (avec le décalage horaire nous sommes déjà dimanche à 7h30) et les quelques tokyoïtes présents sont sereins, certains terminant carrément leur nuit en somnolant paisiblement.
Et c'est à la station de métro que je vis mon premier grand moment de solitude. Habitué au métro parisien, j'insère mon ticket de monorail dans le portique en supposant que je devrais acheter un nouveau billet pour accéder au métro.
Sauf que non !
Le ticket que l'on achète au début de trajet doit en cas de changement de ligne/transport être inséré dans une borne de réajustement de tarif à partir de laquelle nous indiquons la prochaine destination, réglons le tarot en conséquence puis recevons un nouveau ticket qui permettra de franchir le portique sans attirer vers vous une douzaine de regards de japonais qui se demandent si l'étranger va avoir l'honnêteté d'aller voir l'agent de contrôle pour assumer la connerie.
Mais ce premier couac fut nettement moins stressant car à peine dix secondes après m'être retrouvé devant la borne avec un nouveau ticket, la personne à côté de moi me lance "Dochira ikimasuka".
"Où allez vous ?"
Je lui répond que je veux aller à la gare. De là l'homme en question m'explique où appuyer pour trouver la liste des stations desservies par le métro afin de sélectionner la bonne et payer le tarif adéquat.
Du coup je vous pose la question, c'était quand la dernière fois qu'un inconnu est venu spontanément vous aider car il vous a vu en galère ?
Instantanément la pression retombe : des conneries je vais en faire, mais visiblement les locaux sont très avenants et il n'y avait pas meilleur moyen de me rassurer sur le fait que partir en solitaire était une bonne idée !
Maintenant que je suis enfin arrivé à la gare de Tokyo la dernière partie du parcours va pouvoir commencer : me trouver un billet pour le fameux Shinkansen !
Et là pour le coup bon sang ce que nous pourrions en tirer des leçons : non seulement le train est spacieux (mesurant 1m88 vous ne pouvez pas savoir le bonheur que ce fut de pouvoir étendre les jambes, surtout après 15 heures assis) mais en plus il y en a un toutes les trente minutes pour la destination visée.
Cerise sur le gâteau le tarif des trains au Japon est fixe et trois voitures sont à chaque fois réservées aux passagers de dernière minute.
Ainsi si vous voulez prendre le train pendant un séjour au Japon, ne soyez pas stressés à l'idée de devoir vous y prendre à l'avance pour avoir un prix un peu moins coupe-gorge façon SCNF.
Que vous achetiez votre billet deux mois à l'avance ou dix minutes avant le départ le prix sera le même.
Avouez que ça enlève un poids et que ça facilite grandement la budgétisation du voyage !
Au bout de quatre heures à très très grande vitesse où j'essuie une petite déception de ne pas avoir vu le Mont Fuji ("Fuji San est une montagne timide qui ne se montre pas facilement" me disait-on il y a peu, charmante façon de voir les choses) j'arrive enfin à destination.
L'hôtel choisi se trouve à littéralement deux cent mètres de la gare, et comme il est seulement 13 heures j'ai le temps de m'arrêter pour manger un morceau !
je m'arrête ainsi chez Shoryuken Excity, un petit restaurant à deux pas de la gare où je vais pouvoir goûter le premier ramen du voyage !
L'établissement n'est pas forcément bien coté (3.4 sur google) mais après 30 heures de trajet, je peux vous dire que ce bol de nouilles pimentées servi par de jeunes cuistots sympathiques aura accompli sa mission : me voilà requinqué et prêt à explorer la ville !
Mais ça, on en reparlera la prochaine fois :)
Gaff
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