Après une bonne nuit de sommeil (pas de match de foot dans les environs), me voici donc frais comme un gardon pour explorer Hiroshima !
Comme j'avais bien étudiée la carte lors de la réservation de l'hôtel je sais que je ne suis pas situé très loin des deux endroits que je veux absolument visiter : Hiroshima-jo et le parc de la paix.
Pour le coup je me sens capable de ne pas utiliser mon pocket wifi : le château et le parc ne sont séparés que de quelques centaines de mètres en ligne droite tandis que la ville est traversée par pas moins de sept rivières.
Ainsi entre les rivières, les ponts et les points remarquables il est on ne peut plus facile de se repérer depuis le quartier où je suis logé jusqu'à mes deux destinations.
Je pars ainsi à 8 heures du matin après un p'tit dej' composé de produits locaux : tonkatsu, beignets de maïs, oeufs brouillés et pousses de bambou.
J'arrive très rapidement en vue du château et décide de me poser sur un banc pour continuer la lecture de mon roman.
Il est encore tôt donc la ville est très calme : partout il y a des gamins en uniformes partant pour leur école, il y a peu de circulation et je suis surpris de trouver autant de végétation et de présence animale.
J'ai ainsi pu voir des raies dans l'une des rivières tandis que les rues sont peuplées... De corbeaux ! Oui messieurs dames vous avez bien lu nous autres pestons lorsque trois pigeons ont lâché leurs fientes sur notre balcon mais vu la taille des corbeaux je me dis que nous pourrions avoir finalement bien pire !
Alors que je me décidais à bouger pour franchir les douves et arriver pour l'ouverture du monument prévue à 9 heures, le timing fut on ne peut plus parfait car à quelques dizaines de mètres du donjon je pu alors entendre les notes de musiques annonçant l'ouverture.
Imaginez un peu : vous marchez tranquillement entre les arbres de la cour qui vous masquent la modernité et alors que vous apercevez le toit du donjon des notes de shamisen gagnent vos oreilles !
Dans ces circonstances difficile de ne pas être convaincu d'avoir effectué un retour dans le passé et avec un peu d'imagination on a l'impression d'y être et que le Shogun et son escorte vont surgir du bosquet.
Mais je vous laisse avec la première d'une longue série de vidéos afin de comprendre par vous même ce que l'on peut ressentir devant un tel édifice, surtout lorsque l'on découvre les vestiges des samouraïs à l'intérieur.
Prix de l'opération : 300 Yen... Oui même pas deux euros donc.
La vue d'une telle bâtisse conjuguée aux notes de Shamisen, quel instant magique !
Evidemment n'importe quelle personne un tant soit peu cultivée a deviné que le château actuel est une reproduction : après tout nous parlons de la tristement célèbre Hiroshima.
Après cette visite enrichissante au cours de laquelle j'ai pu essayer un casque de samouraï (oui vous vous doutiez bien que ma photo de profil n'a pas été prise sur le cours Lafayette à Toulon) il est temps pour le passionné d'histoire que je suis de prendre la route du parc de la paix.
Il est difficile de retranscrire l'émotion que suscite la visite d'un tel endroit, pas tellement parce que 80 ans plus tôt la première bombe atomique a rasé l'intégralité de la ville mais plutôt grâce à l'état d'esprit des locaux.
Depuis que j'ai quitté l'hôtel je n'ai croisé que des personnes souriantes, les espaces verts sont nombreux, il y a des carpes énormes dans les douves du château, certains japonais chantonnent en marchant et je n'oublierai jamais l'image de cet homme en train de paisiblement lire un roman sur un banc du jardin de la paix alors qu'une douzaine de pigeons sont posés à côté/sur lui !
Quand on visite par exemple les vestiges de la bataille de Normandie, difficile de ne pas avoir le coeur lourd face aux faciès de jeunes hommes fauchés par la mitraille.
Mais à Hiroshima en dépit des peintures effectuées à partir des témoignages des soldats venus secourir les survivants et de la tristesse que peut susciter la vue d'un tricycle complètement ravagé par l'explosion, si on peut laisser échapper quelques larmes le plus désarmant sera la joie et la gaieté qui règnent dans cette ville.
Le musée par exemple pourrait insister lourdement sur le fait que les américains ont détruit une ville entière pour faire un test de leur arme, mais les panneaux et les discours affichés par les différents maires de la ville ne chargent personne et ne font qu'appuyer sur le fait que de tels évènements ne doivent plus se reproduire.
La ville de la Mort est ainsi devenue la ville de la Paix.
J'ai passé pas loin de cinq heures dans le parc et les musées qui le garnissent. Il faut dire qu'il est difficile de rester plus de quelques minutes sans découvrir un monument proposant des chansons de paix par des enfants ou encore un attroupement devant ce qui semble être... Une cloche ? Mais bien sûr, la cloche de la Paix !
Plus loin on pourra évidemment trouver le mémorial des amis de Sadako, cette petite décédée dix ans après l'explosion suite aux maladies provoquées par les radiations et qui a plié des centaines de grues en origami car selon une légende japonaise celui qui pliera 1000 de ces oiseaux en papier verra son voeu exaucé.
80 ans plus tard autour de la statue de Sadako se trouvent des milliers, millions de grues envoyées par les enfants du pays et du monde entier, organisées de façon à former des symboles et des messages de paix.
Après avoir suffisamment pris le temps de me poser et de me recueillir devant la fontaine qui symboliquement apporte de l'eau aux cendres des victimes (toutes réclamaient de l'eau que les soldats ne pouvaient donner) je me décide à rentrer à l'hôtel.
Et alors niveau improbabilité je pense que c'est le moment pour vous rappeler que l'Allemagne célèbre en ce moment l'Oktoberfest.
Quoi ?
Oui il n'y a rien à voir avec tout ce que j'ai visité aujourd'hui mais il n'empêche qu'il y a une banderole énorme avec inscrit OKTOBERFEST droit devant moi et que les longues tables situées plus loin semblent déborder de japonais agrippés à leurs pintes...
Et cela tombe bien car il fait 31 degrés, un soleil de dingue et j'ai marché pas loin de huit bornes... J'ai soif !
Et alors que je me régalais d'une pinte d'ambrée autrichienne et que je trouvais formidable le spectacle de deux bavaroises en train de danser avec des locaux habillés de la même façon, je réalisais un peu à quel point le voyage s'annonçait incroyable !
Pensez donc en à peine 7 heures de temps j'ai parcouru un château rempli d'armures de samouraïs, j'ai visité l'endroit le plus paisible du monde en long en large et en travers et je me retrouve là en train de boire une bonne bière après avoir amusé les serveuses qui se sont confrontées à un étranger qui tentait tant bien que mal de passer la commande dans leur langue...
Et il n'est même pas 16 heures !
Ouais, aucun doute la suite va être dingue !
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