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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

Hiroshima-jo - Au coeur d'un château japonais

Publié le 27 Février 2025 par Gaffeur in Hiroshima, Histoire, Samouraï

Pourquoi n'ai je pas le grappin de Sakai Jin ?

Pourquoi n'ai je pas le grappin de Sakai Jin ?

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Qui dit "chevalier" dit bien entendu "château" ! 

Indissociables des guerriers en armure lourde les châteaux forts font partie de ces décors presque féériques qui ont le don de nous faire rêver : apercevoir les remparts de Carcassonne même de loin a quelque chose de grisant, comme si on avait voyagé à travers les couloirs du temps et que la place était encore occupée par des hommes portant l'épée. 

Cela tombe bien à l'époque des samouraïs les plus grands daimyos disposaient eux aussi d'imposantes bâtisses que le cinéma ne s'est jamais lassé de sublimer.

Le hic c'est que contrairement aux forteresses occidentales les châteaux japonais étaient en grande partie composés de bois tandis que la pierre n'était pas si présente que cela.

Et ouais entre un truc bien solide mais grisâtre à flanquer une dépression à Mickey Mouse ou à l'inverse une pépite de couleurs et d'architecture qui ne résistera pas très bien aux coups de canon, il fallait bien faire un choix ! 

Aujourd'hui il reste environ une centaine de ces places-fortes sur l'archipel nippon et parmi cette centaine seule une dizaine sont considérées comme d'époque. 

Comme je le disais les incendies étaient monnaie courante et malheureusement les bombardements américains pendant la Seconde Guerre Mondiale n'ont pas arrangé les choses (celui de Nagoya notamment a été bien servi en bombes de l'Oncle Sam). 

Au cours de mon périple j'ai eu l'occasion de visiter trois châteaux. 

J'ai déjà consacré un article à celui de Nagoya qui est une vraie splendeur mais dont l'intérieur est inaccessible jusqu'en 2028 tandis qu'à Kyoto...

Comment dire ? 

Si je vous dis de penser à un château Japonais, je parie que vous imaginez à cet instant une grande tour avec des pagodes. 

Le truc c'est que le château japonais à proprement parler ne se résume pas qu'au donjon : il y a des remparts, des portes de garde, des jardins, une résidence privée et pourquoi pas un temple afin que les résidents puissent prier leurs divinités. 

Et à Kyoto il faut savoir que le donjon a brûlé il y a deux siècles et qu'en dépit de l'attrait du grand public pour l'ancienne capitale la tour n'a pas été reconstruite pour attirer les touristes. Cela n'empêche pas le château d'être un lieu rempli de paysages et de constructions magnifiques, mais malheureusement on est à Kyoto : le prix de la visite est plus élevé qu'à Hiroshima de plus certaines parties ne peuvent se visiter qu'en payant un supplément uniquement via le site internet... 

Reste ainsi le troisième château à avoir fait partie de mon chemin : Hiroshima-jo ! Et non seulement on peut visiter l'extérieur et l'intérieur mais en plus le tout se fera pour seulement 300 yen donc une misère une fois convertis en euros. 

Sachant qu'en prime vous ne vous contenterez pas du donjon : l'une des portes propose également une visite des remparts, avec un plancher magnifique et des taikos gigantesques pour avertir de l'approche de l'ennemi ou motiver les troupes ! 

Pour le coup j'avoue que la tentation de donner un coup sur ces immenses tambours était aussi honte que le point culminant du donjon...

L'une des entrées du château, visitable également

L'une des entrées du château, visitable également

Choisissez une meurtrière, installez votre arquebuse et renvoyez les attaquants chez eux !

Choisissez une meurtrière, installez votre arquebuse et renvoyez les attaquants chez eux !

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Juste un p'tit coup, c'est pas possible ?

Juste un p'tit coup, c'est pas possible ?

Bon, vous avez visité les remparts et l'intérieur de la porte principale vous allez à présent pouvoir vous diriger vers l'imposante tour. 

Pour commencer un rappel effectué lors du deuxième article de ce blog : si vous prévoyez de visiter le château de Hiroshima, venez avant l'heure d'ouverture. Pas forcément pour éviter le monde car en général il n'y a pas masses de visiteurs lors de la première heure d'ouverture, mais plutôt parce que l'ouverture du Donjon est signalée par un morceau de shamisen diffusé via des hauts parleurs. 

La forteresse a été construite en 1589 par Mori Terumoto de l'entourage de Hideyoshi Toyotomi alors que Hiroshima s'appelait Gokamura.

Sous l'aire Meiji le château fut utilisé à des fins militaires, puis il fut malheureusement entièrement soufflé par la bombe atomique le 6 août 1945.

A l'extérieur dans les jardins subsistent d'ailleurs quelques murets de l'édifice original, ce qui donne une idée de la puissance de l'explosion dans le sens où la copie culminant à une cinquantaine de mètres se dire qu'il ne reste que quelques dizaines de centimètres des pierres de l'époque fait froid dans le dos. 

La reconstruction a pris fin en 1958 et la structure est composée en majorité de béton, ce qui se ressent lorsque l'on pénètre à l'intérieur. Et oui malgré le premier escalier qui sonne traditionnel l'intérieur est très gris et bien que des pièces traditionnelles aient été reconstituées il faut bien le dire l'immersion en prend un coup. 

Mais le donjon abrite en réalité bien d'autres trésors puisqu'il s'agit à proprement parler du musée de l'ancienne Hiroshima. 

Vous avez certainement déjà vu les terribles photographies prises après le bombardement, mais avez vous déjà vu une seule photo de la ville avant la catastrophe ? A quoi ressemblait-elle ? 

C'est à cette question que la tour va s'efforcer de répondre, avec à la clé de nombreuses armures et des armes d'époques fournies par différentes villes pour remplacer ce qui a été perdu en 45. 

Et en observant la maquette reconstituant la ville avant l'explosion on se dit qu'elle ressemblait à toutes les villes japonaises et que ce sont des gens ordinaires qui ont été balayés. 

Bien entendu les amateurs de samouraïs seront servis également puisque des dizaines d'armes et une bonne dizaine d'armures sont dispersées un peu partout dans le donjon. 

Il sera même possible d'essayer un kabuto (notez qu'il existe un modèle de ces casques plus petit pour les enfants) afin de se faire tirer le portrait avec une coiffe de guerrier japonais et qu'un stand propose même de soulever un katana afin de tester le poids de cette arme légendaire

Dommage que l'intérieur ne soit pas plus traditionnel

Dommage que l'intérieur ne soit pas plus traditionnel

J'en veux une !

J'en veux une !

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Que serait le Japon sans ses mascottes ?

Que serait le Japon sans ses mascottes ?

C'était si beau

C'était si beau

Retournons à l'extérieur si vous le voulez bien ! 

Je vais vous faire une confession (ce qui dans le fond est paradoxal) je ne suis pas très axé religion. Je respecte bien sûr les choix de chacun, mais pour ma part si je visite un bâtiment religieux c'est pour la beauté de l'endroit plus que pour la spiritualité. 

A l'instar de la tour, le temple shinto Gokoku-jinja a du être reconstruit en 1965 grâce notamment au soutien des habitants de la ville qui tenaient à ce que leur temple renaisse de ses cendres. 

Contrairement au donjon le style est on ne peut plus traditionnel, et je ne sais pas si c'est parce qu'il s'agit du premier sanctuaire japonais que je visite, mais qu'est-ce que ce temple est beau et donne envie d'y entrer !

Mais attention petits chenapans vous ne pouvez pas aller à l'intérieur qui est bien entendu réservés aux prêtres et aux prêtresses !

Connaissant quelques bases sur les rituels je salue le torii principal avant de pénétrer dans l'enceinte du temple, puis je me sers de la louche de bambou à l'entrée pour purifier mes mains avec l'eau du sanctuaire. 

J'observe une famille japonaise jeter une offrande dans le coffre face à la salle principale avant de frapper deux fois dans leurs mains et de se recueillir. 

Je m'approche doucement et tente de demander aux parents quelle pièce il faut jeter, et c'est leur petit garçon qui finit par me montrer la pièce percée de 50 yens. 

Je ne suis pas croyant, mais je suis à Hiroshima la ville rasée dont je n'aurai jamais cru qu'elle serait devenue aussi belle et aussi enrichissante, alors flûte pourquoi ne pas se recueillir calmement ? 

Une fois cet exercice inhabituel terminé je croise une prêtresse très jeune vêtue d'un kimono blanc et d'un hakama du plus éclatant des rouges qui semble sortie d'un film puis je me dirige vers la "boutique" du temple où sont proposées des amulettes et des porte-bonheurs.

Vous pouvez ainsi pour quelques centaines de yen vous procurer de petits sachets contenant les pierres du sanctuaire qui ont été bénies selon les malheurs et tracas qu'elles devaient combattre : maladie, malchance, malheur en amour... Mais attention il ne faut surtout pas ouvrir les petits sacs, simplement les conserver à la maison, en voiture ou bien sur vous. 

Le château de Hiroshima n'est peut être pas celui qui reflètera le mieux la vie des daimyos, mais étant donné le contexte de la ville on ne va pas reprocher que la place-forte soit devenue un mémorial à l'ancienne cité plutôt qu'un musée de l'histoire des samouraïs. 

Pour autant comme vous l'avez lu cela reste un endroit très paisible rempli de choses plaisantes à découvrir à tel point que même un athée dans mon genre pourrait joindre ses mains devant un temple, c'est vous dire la puissance de l'endroit !

Kirin, pagode, panneau traditionnel... On n'a pas envie de repartir !

Kirin, pagode, panneau traditionnel... On n'a pas envie de repartir !

Mata ne gokoku-jinja

Mata ne gokoku-jinja

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