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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

La ville aux mille temples, où comment je me suis cru plus malin que le GPS

Publié le 15 Octobre 2024 par Gaffeur in Kyoto

Et ça c'est un temple random, vous pouvez en découvrir dans chaque rue pour peu que vous aimiez vous perdre dans une ville

Et ça c'est un temple random, vous pouvez en découvrir dans chaque rue pour peu que vous aimiez vous perdre dans une ville

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Après un aller-retour pour le château de Hiroshima et son temple que je souhaitais voir une dernière fois (ce qui m'a permis de découvrir que les douves étaient truffées de carpes koï aussi balèzes que les poissons de Naboo), il est déjà l'heure de me mettre en route pour Kyoto, la deuxième étape de mon parcours !

Une étape importante puisque je resterai six jours là bas avec trois activités de prévues : une promenade dans le quartier de Gion, une expérience samouraï et un concert privé d'instruments traditionnels. 

Je prend à nouveau le Shinkansen pour un voyage cette fois-ci beaucoup plus court puisqu'il faudra seulement une petite heure au train fou pour me déposer à la gare de Kyoto. 

Il est seulement midi et demi et mon hôtel n'accueillant les clients qu'à partir de 15 heures je commence déjà à soupirer à l'idée de devoir m'occuper en traînant ma grande valise partout. 

Héhéhé t'en fais pas mon pote. 

Vous ai-je déjà évoqué le moment où pendant la transition à Munich j'ai effectuée une commande parfaite du petit déjeuner dans un japonais très correct ? Oui, à Munich. A une allemande donc qui bien entendu n'a pas pigé un broc de ce que j'ai dis. 

- Oh ! I'm sorry I'm going to Japan I ordered in japanese...

 *Rires en allemand*

Cette anecdote pour vous dire que parfois j'ai une charmante propension à la connerie. Aussi une fois débarqué à la gare de Kyoto, j'allume mon GPS qui m'indique 40 minutes de marche jusqu'à l'hôtel en ligne droite. 

Comme pour le coup Kyoto est une ville parfaitement quadrillée je ne pense pas nécessaire de passer par un bus ou le métro pendant mon séjour, donc je me met en route en partant du Starbuck comme indiqué. 

Sauf que 45 minutes plus tard hormis une boutique désaffectée sur laquelle se trouvent des posters de Léon avec Jean Reno et Natalie Portman toujours pas de trace de la voix ferrée que j'étais sensée traverser ? 

Il me semble que le moment est opportun pour vous signifier qu'évidemment je me suis cru plus malin que le GPS et que je n'avais pas attendu que la page soit chargée à 100 %. 

Résultat au lieu de filer vers le Nord j'ai tiré vers l'Est et il me faudra à nouveau 45 minutes de marche (cette fois heureusement ponctuée par la découverte de temples magnifiques) pour enfin arriver à l'hôtel Hedistar situé à deux pas du château Nijo-jo. 

Et vous savez, comprendre qu'une nana en pince pour vous c'est très agréable. 

Avoir compris comment poser sa fusée sans se faire bouffer sur Sombronce dans Outer Wilds, c'est très très agréable.

Réaliser qu'il n'y aura pas de saison 2 à The Acolyte, c'est bigrement agréable. 

Mais rien de tout ceci ne peut valoir le soulagement d'avoir enfin trouvé son hôtel après 100 minutes en plein cagnard avec une valise bien balèze à la main ! 

Bilan de l'opération : trois ampoules dont une de sang sur le pied gauche, mais une arrivée à 14h devant le Nakau voisin. 

Du coup je vais pouvoir manger un morceau et arriver pile poil pour l'accueil à l'hôtel !

Tout ça pour genre, 8 ou 9 euros !

Tout ça pour genre, 8 ou 9 euros !

Je ne sais pas si c'est du à la fatigue, mais même si la chaîne Nakau n'est pas vraiment ce qu'on va appeler un restaurant traditionnel la nourriture fait tout de même le boulot : karaage croustillants à souhait (si jamais l'équipe du Sachi me lit rassurez vous les vôtres sont imbattables), une soupe miso qui ne manquait pas de saveur et le thé proposé au client  était bon même si il est étrange au départ de manger salé avec du thé froid !

Oui au passage si vous ne le saviez pas dans beaucoup de restaurants japonais l'eau qui semble évidente chez nous est remplacée par du thé glacé. Mais vous pouvez bien sûr demander de l'eau si le thé ne passe pas. 

En attendant voilà un repas qui a fait plaisir et encore une fois pour pas cher puisque j'ai du m'en coller pour un peu plus de mille yen soit 8 euros et des brouettes. 

Maintenant que je suis rassasié je peux balancer ma valise dans la piaule et souffler deux heures avant de partir explorer le quartier. 

En plus d'une pharmacie dont le gérant a fait des efforts de dingue surtout vu son âge avancé pour comprendre qu'il me fallait des pansements pour ampoules, je tombe tout de suite sur plusieurs temples et bien entendu sur le château de Nijo. 

Pour le coup s'il n'y avait pas vraiment d'étrangers et de touristes à Hiroshima, Kyoto paye véritablement son image de ville hors du temps : il y a un monde pas possible devant l'entrée de la place-forte. 

Bon, je suis là pour six jours donc j'irai voir ça demain matin !

Par contre... Le quartier de Gion ou Hanamachi n'est qu'à trente minutes de marche de ma position... 

Comment vous dire que même si ce n'est pas raisonnable, un pied en sang n'est rien face à la possibilité d'explorer le quartier des geishas alors que la nuit tombe ? 

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J'ai beau être contre l'IA mais le pinceau pour effacer les gens au premier plan quelle idée géniale

J'ai beau être contre l'IA mais le pinceau pour effacer les gens au premier plan quelle idée géniale

Environ trente minutes m'ont été nécessaires pour arriver jusqu'à la rivière Kamo-gawa qui marque une véritable frontière naturelle entre modernité et traditions. 

Il est effectivement très fréquent de croiser un temple en vous promenant dans n'importe quel quartier de la ville parce que d'un autre côté on ne l'appelle pas "ville aux mille temples" pour rien mais en toute franchise si le décor est bien moins moderne qu'à Hiroshima la première partie de ma balade m'a fait passer par plusieurs grandes avenues bardées de hauts immeubles.

Il y en a d'ailleurs un qui affiche le nom de ce qui semble un groupe d'affaires : "Amorphe". Vais-je moi un gaijin en nage casquette à l'envers pénétrer dans ce building de businessmen tous tirés à quatre épingles pour leur expliquer la signification de ce mot français visiblement pris au hasard ? 

Bien évidemment que non, mais je vous avoue que la tentation fut aussi grande que de commander un second ramen dans un izakaya. 

Mais une fois que l'on traverse ces kilomètres de quartiers d'affaires et commerciaux bercé par les odeurs des innombrables restaurants et les saluts des vendeurs de boutiques de souvenirs, on arrive alors à cette fameuse rivière.

Pour l'anecdote je remarque qu'il y a pas mal de canards aussi je la baptise pour moi même la rivière aux canards, mais je découvrirais quelques jours plus tard lors d'une promenade organisée avec un guide que la traduction de Kamo-gawa est justement... La rivière aux canards ! Putain... C'est ça mon problème je suis un visionnaire qui s'ignore 😎

Mais revenons à la rivière : tandis que je franchissais le pont qui me séparait du quartier de Gion, j'entend un son curieux qui m'évoque presque les noix de cocos des chevaliers de la Table Ronde des Monty Python.

Je me fais alors dépasser par un groupe de jeunes femmes habillées en kimonos, coiffées avec des fleurs et portant donc les geta ces fameuses sandales traditionnelles en bois. 

En laissant la modernité derrière moi je viens littéralement d'être rattrapé par le passé qui m'embarque avec lui sur l'autre rive. 

Certes il y a toujours beaucoup de restaurants et d'échoppes, mais l'architecture a soudainement vieilli d'un siècle. 

Encore quelques pas et sur ma droite s'ouvrent alors les rues traditionnelles que le cinéma (surtout japonais mais parfois occidental) s'est souvent appropriées car comment rêver d'un meilleur endroit pour mettre en scène des histoires de geishas et de samouraïs ? 

Je traverse un premier temple et me retrouve face à un muret dont je suis persuadé que c'est là qu'a été tournée la rencontre entre Saito Hajime et Yoshimura Kanichiro dans le chef d'oeuvre Mibu Gishi Den (When The Last Sword is Drawn en anglais, introuvable en français et c'est vraiment dommage). 

Certaines zones sont interdites au public, d'autres sont accessibles mais les photos sont interdites... Pas grave jouons le jeu ! 

Quoi de mieux que de découvrir un tel trésor avec ses yeux plutôt qu'à travers la lentille d'un smartphone ou d'un camescope ? 

 

Clairement j'ai déjà vu cette allée au cinéma

Clairement j'ai déjà vu cette allée au cinéma

De retour à l'hôtel après cette promenade qui aura donc duré deux bonnes heures j'ai beau avoir le pied gauche qui s'il le pouvait pleurerait toutes ses larmes, je suis impatient à l'idée de retourner découvrir le reste de cette ville qui semble regorger de secrets et de lieux hors du temps !

Mais dans le même temps... Bon sang ce qu'il peut y avoir comme touristes.

Oui techniquement je peux parler, mais nous avons régulièrement entendu parler des mesures prises par le Japon et en particulier la ville de Kyoto pour lutter contre le surtourisme et les incivilités commises par certains.

Et si la majorité des touristes croisés jouent le jeu en attendant patiemment au feu rouge même s'il n'y a pas de voitures, en conservant ses déchets sur soi car il n'y a pas de poubelles et en ne se prenant pas en photo dans les zones interdites... Evidemment que des crétins qui se croient tout permis parce que "hé ho j'suis en vacances faut pas déconner" j'en ai vu quelques uns. 

Et si moi qui pourtant appartient à la catégorie des touristes j'ai pu être agacé par le comportement de ce genre d'abrutis imaginez un peu l'état de l'habitant de Kyoto qui doit se farcir ça toute la journée ? 

Kyoto me donne ainsi une seconde leçon (la première étant de mieux choisir mes chaussettes avant une longue marche) : les mesures anti-touristes peuvent sembler choquantes vues de France, mais une fois sur place non seulement on les comprend mais on a presque envie que ça se durcisse davantage tant les incivilités devant un tel lieu sont fréquentes. 

Mais le séjour à Kyoto ne fait que commencer et j'aurai encore des tas de choses à vous confier, cependant la prochaine fois j'aimerai faire une pause dans la chronologie pour vous parler un peu plus précisément de deux choses que l'on trouve à chaque coin de rue, littéralement. 

Et puis comme ça ça m'évitera d'écrire que je me suis encore paumé, ajoutant ainsi du grain à moudre à la légende urbaine qui veut que dans la famille les mecs sommes pas forcément doués pour l'orientation. 

Woah l'autre !

 

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