Et si nous repartions quelques jours en arrière ?
Après tout si Tarantino et Nolan nous ont appris quelque chose via leur cinéma c'est que les allers et retours dans le temps sont un bon outil pour raconter une histoire et repousser le plus possible sa conclusion !
Bon je l'admets la dernière fois que j'ai écrit dans ces pages il s'agissait de mon arrivée à Asakusa qui signifiait les deux dernières journées avant le retour au pays, et l'idée de devoir écrire une sorte d'article de conclusion ne me plaisait pas. Pas tout de suite en tout cas !
C'est que mine de rien j'ai encore quelques choses à vous raconter et quelques lieux dont j'avais très envie de parler avant de tourner la page (et déjà que c'est dur au sens figuré je n'avais pas envie d'ajouter à cela le sens propre).
Par conséquent prenons le temps de repartir une semaine plus tôt lors de mon arrivée à Tokyo !
Ainsi que je le disais j'avais déposé ma valise à la fabuleuse guesthouse Toco à Iriya et je devais tuer le temps pendant trois heures avant de pouvoir accéder à mon plumard.
Que faire donc quand vous êtes seul dans la capitale japonaise ?
Très simple : on ouvre google maps et on regarde les points d'intérêt.
Cela tombe bien le musée national est à une demi-heure de marche et l'entrée est de 1000 yens (soit à l'heure actuelle 6.12 euros soit un euro de moins qu'il y a deux mois et demi lors du voyage... Vous êtes encore là ?).
Quand on pense "musée" inconsciemment je pense qu'on pense tous à de vieux bâtiments silencieux où de vénérables vieillards veillent à ce que les enfants et les ados ne viennent pas déranger le sommeil de la poussière.
Pourtant le Tokyo National Museum est une attraction enrichissante mais également amusante puisque de nombreuses petites activités seront disponibles au sein des bâtiments visitables : soulever la réplique d'une armure de samouraï pour se faire une idée du poids que trimballaient ces gaillards, s'essayer à l'art de l'impression avec une série de tampons permettant de reconstituer le portrait de Otani Oniji... De quoi se faire une idée plus précises de certains arts nippons !
Mais bien entendu l'accent sera régulièrement mis sur les vestiges de l'ère Edo et il ne sera pas possible de parcourir plus d'un couloir sans croiser un kabuto ou bien une série de lames de katana dont certaines ont appartenu à de célèbres daimyo.
Ainsi je suis amusé à l'idée de me retrouver devant le sabre de Hideyoshi Toyotomi l'uns des unificateurs du pays car quelques semaines plus tôt j'ai découvert la version de cette figure historique interprétée par Takeshi Kitano (dont je parlais lors de l'article précédent, comme quoi y'a tout de même une logique).
Dans la vitrine son épée est majestueuse avec des gravures d'une finesse incroyable pour un travail aussi ancien où on ne bossait pas au laser, aussi en viens-je à me demander ce que le possesseur d'une telle épée penserait de savoir que Beat Takeshi en a fait un noble ignorant tout des pratiques des samouraïs du fait de ses origines paysannes et qu'il y a même une scène où il dégueule sur les serviteurs qui le portent au dessus d'une rivière...
Mais évidemment même si je chéris cette partie de la culture japonaise celle-ci ne se limite pas aux katanas et aux châteaux !
Le musée propose ainsi énormément de kimonos, de sculptures et de sections consacrées à différents arts nippons.
Il est notamment possible de regarder dans l'une des pièces une représentation de kabuki, ce théâtre dont les textes sont prononcés entre le chant et la parole classique et où les hommes ont fini par remplacer les femmes pour ne pas distraire le public.
Les estampes sont également très nombreuses et on pourrait passer des heures devant chacune d'elles, qu'il s'agisse d'une simple représentation de geisha dans son kimono ou bien la peinture de la bataille de Sekigahara.
Les pièces de monnaie dont le centre était percé afin de pouvoir les enfiler sur une cordelette faisant office de porte-monnaie sont également une partie assez ludique : on rêve tous de trouver un trésor composé de pièces anciennes !
Enfin bien que ce soit un sujet que je n'aborde que peu ou jamais dans nos contrées du fait de l'extrême sensibilité qui en découle, le musée comporte bien entendu de nombreuses pièces issues de la religion Bouddhiste voir même quelques oeuvres shintoïstes.
En plaçant la religion de côté et en se concentrant sur le travail pur là encore le musée réserve des pièces exceptionnelles : statues, sculptures, peintures... Il y en a dans tous les sens et je ne suis pas tellement surpris de constater que beaucoup de visiteurs s'inclinent devant chaque pièce de leurs divinités.
D'ailleurs petite observation personnelle le musée m'a également permis de casser certaines idées reçues : en effet même si il y a des touristes présents la grande majorité des visiteurs sont japonais, mais il ne s'agira pas d'une classe précise et on sera loin du cliché des couples de vieux qui occupent les petits enfants pendant que les parents travaillent !
Certains dont les tenues excentriques nous feraient instantanément penser qu'ils ne doivent jurer que par Akihabara et ses figurines ou par Shinjuku passent le même temps que des gens plus âgés et au style plus "classique" devant chaque oeuvre, chaque pièce même infime et s'inclinent devant une figure religieuse.
Comme quoi j'en suis ressorti définitivement moins con qu'en y entrant.
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