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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

Intermède musical chez Gen

Publié le 28 Janvier 2026 par Gaffeur in Kyoto, Musique

Koto et Shamisen à l'honneur !

Koto et Shamisen à l'honneur !

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L'année dernière en me rendant pour la première fois dans la petite maison du quartier Nishioji-Sanjo, je bravais une petite averse convaincu que le spectacle en vaudrait la peine. Après tout ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion d'assister à un concert privé d'instruments traditionnels ! 

La représentation fut à la hauteur de mes espérances : grâce, puissance et émotion se dégageaient de chacun des quatre morceaux interprétés alors par FU-RAN, la tête d'affiche de la troupe Gen de Kyoto. 

Depuis ma dernière visite les choses ont pas mal bougé pour la troupe puisque de nouveaux musiciens se sont ajoutés à l'affiche tandis qu'un second lieu de concert a été ouvert.

Ainsi vous pourriez trouver étrange de refaire la même activité, mais il va sans dire que le catalogue de chants japonais et de morceaux traditionnels ne se limite pas aux quatre que j'ai pu savourer l'an passé !

J'en suis sûr la soirée va se dérouler d'une façon complètement différente, la preuve tout de suite : il pleut encore plus que la dernière fois et le parcours dont je me souvenais plutôt bien a été en plus rallongé par un évènement que je n'avais absolument pas prévu puisque ce soir c'est Halloween !

En passant par le shotengai (soit une longue rue commerçante couverte) à 18h30 je pensais que je serai à l'abri de la flotte pendant au moins la moitié du trajet, mais si sur le papier mon plan aurait été le meilleur dans les faits la galerie est bondée de jeunes japonais habillés en pokémon, en personnages de jeux vidéo voir même en miliciens du Shinsengumi ! 

Du coup entre la rue bondée qui ne me permet pas de faire plus d'un mètre à la seconde et la flotte, on va choisir la pluie histoire de ne pas arriver à la bourre. 

Yukiranbu en entier

Cela fait définitivement plaisir de retrouver cette petite impasse, d'autant plus que le temps que la salle soit prête je peux m'abriter dans l'espace destiné aux vélos. 

Ce soir nous serons trois spectateurs puisqu'un couple de Hollandais vient de me rejoindre. La porte s'ouvre et contrairement à l'an dernier où Ishikawa San nous avait accueilli et servi de guide pour la préparation du concert, cette fois-ci notre hôte est française, ce qui me fait rire en songeant que décidément il y a des français partout dans ce pays et en particulier à Kyoto !

Je promets de ne rien dévoiler des réponses aux questions sur les instruments et l'historique de certaines pièces car la demoiselle est au courant que je suis déjà venu l'an dernier. 

Nous pouvons ainsi admirer certains koto tandis que l'interprète du soir arrive discrètement : nous rencontrons ainsi Kyoko qui tient dans ses mains un magnifique shamisen. 

Comme l'année dernière nous allons avoir droit aux deux instruments : le koto (sorte de harpe couchée proche du konghou chinois) ainsi que le shamisen (qui évoque un peu un banjo) qui sera accompagné de la voix de Kyoko.

La première chanson me revient en mémoire puisque j'avais adoré l'interprétation de FU-RAN de Kajimakura, aussi je décidais de ne pas filmer tout de suite pour profiter de cette seconde interprétation, toute aussi émouvante que la première, à tel point qu'une fois qu'elle cesse de jouer Kyoko est choquée de ne pas avoir d'applaudissements... Et pour cause le couple et moi-même sommes si scotchés qu'il nous faut un petit instant avant de réaliser que le morceau est terminé.
Nous nous excusons de cette maladresse et la rassurons sur la qualité de sa représentation avant de passer à la suite.

Le second morceau en revanche est un inédit puisqu'il s'agit de Yukiranbu, une chanson évoquant la neige virevoltante dont la beauté et la nostalgie se retrouvent dans la voix de Kyoko. 

La vidéo ci-dessus comporte l'intégralité de ce moment, sans coupe afin de vous donner une meilleure idée de la concentration extrême que nécessite ce genre de représentation. 

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Le Koto avec quelques plans d'Osaka

Pour être honnête le shamisen m'a toujours passionné, je trouve que c'est une excellente façon de se détendre en fin de journée que d'écouter quelques notes de cet instrument en prenant un bon thé.

Mais j'attendais avec impatience le koto car la harpe disposant de plus de cordes la puissance et l'émotion sont toutes autres... Et alors là, quelle immense surprise !

Je dois l'avouer malgré le talent de Kyoko ma préférence en matière de shamisen reste tout de même Kajimakura joué par FU-RAN. 

Par contre niveau koto sans vouloir mettre en compétition les musiciennes j'ai été absolument soufflé par les deux morceaux joués par Kyoko et par la rapidité dont cette dame enchaîne les notes et semble avoir l'énergie d'une jeunesse éternelle !

Evidemment comme un idiot j'ai omis de noter les noms des morceaux... Celui que vous trouverez ci dessus est inspiré du vol d'un oiseau, je vous le propose en quasi-totalité avec quelques images du château d'Osaka.

Le dernier morceau est quand à lui inspiré d'une locomotive et du propre aveu de Kyoko San il s'agit de celui qu'elle aime le plus jouer.
Ah... Les japonais et les trains... Une sacrée histoire d'amour il faut bien l'admettre !

Ai-je précisé que la musicienne nous a confié être la petite-fille d'un joueur de koto qui a appris auprès du maître qui a créé une harpe à 70 cordes ? 

Je pense que ce détail devrait vous sembler logique une fois que vous aurez visionnée la vidéo ci-dessous, avec en prime un florilège de plans du château de Himeji. 

Le meilleur morceau de la soirée pour le plus beau château du Japon !

A l'issue de cette soirée je fais l'achat d'un t-shirt puisque la troupe a fêté en août sa première année d'existence avec la création de quelques goodies, et évidemment comme je me suis promis de ramener un t-shirt de chaque ville que je visiterai cette année, le moment me semble bien choisi pour cocher la case Kyoto !

A l'issue notre hôte française m'explique que je suis le premier étranger à venir une seconde fois, d'où le regard reconnaissant du jeune homme qui a fondé cette troupe de musiciens. 

Je lui explique qu'en France on dit "jamais deux sans trois" et que j'aimerai réserver une place pour la représentation prévue le lendemain dans la seconde salle : un sento (comprenez un bain public) où la réverbération doit donner aux morceaux un pep's d'enfer !

Malheureusement le lendemain l'évènement sera annulé car la musicienne était souffrante. 

Flûte, j'avais dis "jamais deux sans trois"... Pas le choix, il va falloir que je retourne à Kyoto, ah ben zut ça c'est dommaaaage :D 

Evidemment si ce retour d'expérience vous a donné envie de réserver un créneau au cours de votre prochain séjour à Kyoto je vous invite à visiter le site de Gen.

Et si jamais l'équipe vient à me lire, je vous remercie encore pour cette seconde soirée aussi mémorable que la première, avec encore une fois mes excuses pour la frayeur causée à Kyoko San... Que voulez vous, quand on est ému il faut bien un moment pour réaliser qu'il est temps d'applaudir !

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