Parmi les questions les plus fréquentes que l'on m'a posées depuis mon retour, "comment était la bouffe ?" atterri très certainement dans le top 1 de celles que j'ai le plus entendues !
Donc oui la nourriture était exceptionnelle en plus d'être peu chère en restaurant (parce qu'à l'inverse sur le marché c'est quatre euros la pomme, comme quoi chez Apple ils ont de l'inspiration à revendre) mais il faut tout de même signaler quelque chose : le sucré fait très rarement partie des options proposées dans les hôtels et les restaurants.
Ainsi alors que j'entamais mon quatrième jour sur le sol japonais je demandais à la réceptionniste de l'hôtel Hedistar de me réserver un petit déjeuner pour le lendemain matin histoire de tester un p'tit dej' à la japonaise !
Car ce n'est pas que je n'aime pas les melon pan (snif, ils me manquent) ou encore les fameux mochi donuts mais j'avoue qu'à ce stade du périple même si je me régale tous les jours en ramen, katsu karee et autres wagyu cela manque d'un véritable petit déjeuner, même si le buffet sucré/salé du Sotetsu Fresa de Hiroshima était plutôt amusant.
Le lendemain je me rend à l'accueil de l'hôtel pour y recevoir le bento que j'y ai réservé. L'accueil en question étant décoré par une bibliothèque de plusieurs milliers de manga (en japonais et en anglais) cela sera le cadre idéal pour y déguster ce repas.
Dans l'animé Food Wars/ Shokugeki no Soma (si vous ne l'avez pas vu et que vous pensez tout savoir sur le concept d'orgasme culinaire, vous devriez jeter un oeil) au cours d'un des épisodes où les apprentis doivent préparer un bento, l'un des juges corrige le plat d'un de Alice Nakiri en lui expliquant qu'un bento devait être amusant à déguster.
Et alors que j'entame les premières bouchées après avoir ôté le couvercle de cette boîte à repas japonaise, je commence à comprendre ce que voulait dire le personnage dans la série !
Si le deuxième plateau au fond de la boîte contient un riz au maïs classique qui m'évoque mes repas de flemme, le premier niveau contient une bonne douzaine de mets variés et aux saveurs toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Etant plutôt quelqu'un de difficile lorsqu'il s'agit de passer à table, je me surprend ainsi à vouloir goûter chaque bouchée même si je pense reconnaître des aliments qui d'ordinaire ne me plaisent pas.
Certes le résultat est loin de l'idée qu'on se fait d'un petit déjeuner en France et effectivement deux ou trois trucs dans le bento ne m'ont pas plu, mais dans l'idée ce concept d'avoir une douzaine de mini-plats dans une seule boîte est amusant et permet de commencer la journée de bonne humeur !
Bon, par contre il me faudrait bien un peu de sucre, et cela tombe bien j'ai trouvé une pépite !
Car comme je vous l'annonçait au cours de l'article précédent, c'est en arrivant avec trois quart d'heure d'avance à l'expérience samouraï que je décidais d'explorer un peu plus la rue avant d'enfiler le kimono.
A une petite centaine de mètres je trouve ainsi un panneau annonçant des petits déjeuners sucrés et salés avec notamment des fruits frais et du yaourt glacé... Raaah comment résister en grand amoureux des fruits que je suis ?
Je pousse ainsi la porte du Cafe Neighbors et découvre une petite salle où une quinzaine de places sont proposées dans une ambiance très sereine et lumineuse.
Je remarque qu'il y a un peu de musique et que celle-ci n'est composée que de morceaux "chill" et de classiques pop revisités en version plus douce.
Pas de doute, si les plats proposés sont à l'image de l'atmosphère paisible qui m'a envahi je ne vais pas regretter mon arrêt.
Je commande un café chaud (oui le détail a son importance car les japonais aiment le boire glacé dont pensez à préciser) ainsi qu'un bol de yaourt glacé au cassis accompagné de fruits frais et glacés.
Le patron du café est l'incarnation de l'esprit de son établissement : le gars est tranquille, gentil et son anglais excellent me permet d'avoir enfin une véritable discussion depuis que l'avion a atterri.
C'est que partir en solo c'est bien quand on a besoin d'un break ou qu'on veut profiter d'une destination en faisant absolument ce qu'on veut, mais il est vrai que tailler le bout de gras me manque un peu.
Après une quinzaine de minutes le patron me sert ma commande et je comprend mieux pourquoi le temps a été un petit peu long : chaque fruit a été découpé et disposé par dessus la glace avec un vrai soucis de perfection.
Sans déconner, j'ai hâte d'y goûter mais j'ai presque honte de devoir casser un tel ouvrage pour satisfaire mon appétit.
Inutile de vous dire qu'entre la gentillesse du patron et des autres employés, l'ambiance paisible et la fraîcheur de ce bol qui en prime n'était pas trop sucré, je suis revenu chaque matin de mon séjour à Kyoto !
Quoi, vous préférez un truc salé le matin ? Ca tombe bien le café en propose aussi !
Un toatst... Bahahaha ! Un toyos, un toasete... Bref une biscotte comme diraient Chevallier et Laspalès.
Y'a quoi de plus triste le matin qu'une tranche de pain de mie grillée ? Je veux dire à part Elwood Blues qui mange ça ? Je vous parlais juste avant d'un bento truffé de saveurs puis d'un délicieux bol de fruits alors qu'est-ce qui pourrait bien me pousser à commander une tranche de pain tartinée ?
Et pourtant le toast au curry du Cafe Neighbors est un véritable délice sucré-salé qui s'est rapidement propulsé dans mon top 3 des meilleurs petits déjeuners !
La tranche est très épaisse (au point que j'imagine un pain perdu avec cette-ci, miam !), accompagnée d'une brouillade au ketchup, de crudités et d'un petit yaourt au granola.
Mais surtout c'est la garniture du toast qui remporte la médaille : un mélange de viande hachée, de fromage fondu, de beurre fondu lui aussi et de curry... Comment un truc aussi simple peut-il être aussi délicieux ?
Cependant mon régal aura eu une limite dans le temps car après six jours de rêve à Kyoto, il est déjà temps pour moi de reprendre le shinkansen en direction de Nagoya.
Ce matin là le gérant du café ayant noté ma grosse valise réalise que je suis sur le départ. Après cinq matinées passées chez lui à discuter de tout et n'importe quoi, je sens que le prochain petit dej' sera fatalement plus triste.
Le gars fait le tour du comptoir, me serre la main et me remercie pour mes visites et pour les conversations, je promets de revenir déjeuner chez lui lors de ma prochaine visite à Kyoto.
Je ne suis même pas à la moitié de mes vacances, mais j'ai tout de même une sensation de fin qui m'envahit à l'idée de ne plus avoir mon bol de fruits et mon toast au curry du matin en taillant le bout de gras avec Takeshi San...
Bon je vous laisse je dois checker quand pars le prochain vol pour Kyoto !
/image%2F7054214%2F20241027%2Fob_784615_img-20240926-081052.jpg)
/image%2F7054214%2F20241027%2Fob_e7afb9_img-20240926-081149.jpg)
/image%2F7054214%2F20241027%2Fob_4a4f8e_img-20240926-090710.jpg)
/image%2F7054214%2F20241027%2Fob_5d62cb_img-20240929-100842.jpg)