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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

Les trésors cachés de Kyoto

Publié le 20 Octobre 2024 par Gaffeur in Kyoto, Histoire, Musique

Oui, pour les amateurs de cinéma Chiyo est passée par là

Oui, pour les amateurs de cinéma Chiyo est passée par là

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Après la pause cinéma/gourmandises/soda dégueu il est temps de reprendre l'exploration de Kyoto, et aujourd'hui je suis inscrit pour une visite guidée du quartier de Gion au moment du coucher du soleil. 

Je n'ai pas planifié tant d'activités organisées que cela durant mon périple, car je n'avais pas vraiment envie de suivre un groupe de touristes pour une visite où il ne faut pas s'attarder trop longtemps pour que le timing soit respecté, après tout je suis en vacances et j'entend bien prendre le temps que je veux devant chaque temple ou chaque restaurant qu'il me semblera bon d'explorer. 

Mais dans le cas du Hanamachi ou quartier des fleurs, le choix de la visite guidée fut motivé par la possibilité de découvrir des chemins détournés moins remplis de badauds et peut être d'enfin apercevoir une maiko ou une geisha !

C'est qu'aujourd'hui il ne reste plus que 250 de ces artistes dans tout le Japon, et la majorité d'entre elles se trouvent justement dans la quartier de Gion, pris évidemment d'assaut par les visiteurs qui espèrent apercevoir l'une de ces élégantes silhouettes hors du temps. 

Ainsi accompagné par une famille néo-zélandaise et un couple d'américains je me prépare à suivre Miyake notre guide pour la soirée !

Vous allez en voir des tas comme ça !

Vous allez en voir des tas comme ça !

Comme je le craignais ce genre d'activités même planifiées à un horaire plutôt avancé comporte un certains nombre de passages où les visiteurs sont encore très présents et pourront empêcher de prendre des photos ou vidéos nettes. 

Mais après tout quel est le plus important ? 

Profiter de l'incroyable chance de vous déplacer dans un temple plusieurs fois centenaire ou bien vouloir à tout prix rapporter des photos qui finiront sur une clé USB paumé dans la corbeille d'entrée de votre appartement avec vos doubles de clés et vis en trop de vos derniers assemblages Ikea ? 

Bien que j'ai emporté mon camescope je filme finalement peu d'images de cette promenade (mais rassurez vous vous en aurez un peu en fin de page) et savoure ce parcours très long (trois heures !) au cours duquel notre guide nous régale d'anecdotes sur les luttes entre daimyos qui ont conduit à la création de certaines bâtisses. 

C'est que mine de rien niveau coup de couteau dans le dos, trahisons et autres chevaux garés en double-file les ères de Sengoku et de Edo n'ont rien à envier à Game of Thrones ou aux Tudors !

On s'enrichit et surtout on profite de certains raccourcis et passages où il est carrément interdit de filmer ou de prendre la moindre photo.

Pour le coup j'ai de la chance les gens composant le groupe jouent tous le jeu et aucun ne tente de rapporter un cliché flou en scred. 

Autant vous dire que les zones où les photos sont interdites sont bien entendu les plus merveilleuses et les mieux dissimulées ! 

C'est bien simple j'ai voulu y retourner le lendemain pour pouvoir y passer plus de temps, mais pas moyen de retrouver ce fameux tunnel de bambous... Zut alors !

Mais du coup la grande question : est-ce que j'ai pu apercevoir l'une des fleurs du quartier ? 

Très bonne question.

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Le genre de vue sans piétons à partir de 20h

Le genre de vue sans piétons à partir de 20h

Revenons au tout début de la promenade alors que le soleil commençait à disparaître. Tandis que Miyake nous expliquait que les maisons où travaillent les geishas comportent une petite planchette de bois avec le nom des artistes en question sur leur devanture, celui-ci stoppe son explication pour calmement nous signaler qu'une Maiko arrive derrière nous. 

Nous nous retournons doucement et apercevons une jeune femme enveloppée d'un kimono bleu et d'un obi violet et dont les cheveux sont ornés d'un peigne à fleurs. Elle avance rapidement et avec grâce malgré ses geta qui ont du lui demander un certain temps de pratique pour pouvoir se déplacer à cette vitesse. 

Il y a quelque chose de profondément désarmant dans cette vision : non seulement il n'y a plus beaucoup de geishas donc c'est en soi une chance d'avoir aperçu une apprentie, mais en plus ces personnes incarnent à la fois la culture et l'art de leur pays mais également une certaine vision cinématographique de leur profession. 

Mais à peine trois secondes après que la maiko soit sortie de son okiya une bonne douzaine de crétins ont surgi de nulle part comme des personnages buggés dans un jeu Ubisoft. Et vas y que je m'approche à moins d'un mètre pour lui coller mon smartphone à l'écran pété sous le nez parce que hé on sait jamais je pourrai avoir une photo floue d'une maiko terrorisée qui se hâte de monter à l'arrière de son taxi !

Terrorisée et maintenant que j'y repense probablement lassée, difficile de dire avec le maquillage qu'elle portait quel était son véritable ressenti à cet instant. 

Donc oui j'ai vu l'une des fleurs, mais des sales gosses ont failli l'arracher. 

Franchement j'en viens presque à souhaiter que l'accès au quartier soit payant... Il ne reste plus qu'une poignée de geishas et les jeunes japonaises sont déjà de base rebutées par la vie difficile que cela représente, mais si en plus il faut composer chaque jour avec une armée de fous de la tiktokette comment ne pas comprendre que le métier soit voué à disparaître ? 

Je n'ai pas créé ce blog pour vous dicter comment agir et comment vous comporter, chacun est sensé savoir où sont les limites. Mais faites moi plaisir si un jour vous croisez une geisha, observez la paisiblement et ne gâchez pas l'instant pour un truc aussi futile qu'une photo sur un téléphone.

Mais du coup alors que je rentrais à l'hôtel en réalisant que j'allais bientôt quitter Kyoto, je me demandais si je ne pouvais pas trouver une autre activité pour occuper la dernière soirée. 

En repensant à la maiko je me remémore les séquences de danse que j'ai pu apercevoir dans divers films, aussi ai-je envie de taper "shamisen à Kyoto" dans mon moteur de recherches. 

Bon sang ce que j'adore avoir du flair !

Bah finalement j'ai quasiment rencontré une geisha en fait !

Bah finalement j'ai quasiment rencontré une geisha en fait !

Pour quelques dizaines d'euros je me retrouve inscrit à un concert privé d'instruments traditionnels organisé par Gen dont la représentation a lieu à quelques centaines de mètres du cinéma où je me trouvais un peu plus tôt pendant mon escapade à Kyoto. 

Je me retrouve ainsi dans la pièce japonaise d'une maison discrètement située dans une impasse en compagnie de trois autres visiteurs, deux Indiens et un autre français (que je salue tous s'ils me lisent !) pour ce qui sera un moment absolument magique qui rattrapera la vision parasitée de la maiko. 

Après une présentation dans un anglais impeccable des deux instruments de la soirée le koto et le shamisen, nous apprenons que la musicienne va jouer quatre morceaux : trois traditionnels ainsi qu'une reprise d'un gospel. 

La jeune Aoi fait alors son entrée dans un kimono rose et nous salue d'une voix quasi-imperceptible avant de s'installer et de commencer à jouer. 

Pour nous quatre c'est le début d'une leçon de maîtrise parfaite de chacun des instruments : chaque geste, chaque pincement de corde est d'une précision que l'on devine extrême.

Et puis Aoi se met à chanter et nous restons tous surpris par un timbre nettement plus grave et puissant que ce à quoi la délicate voix qui nous a salués un peu plus tôt nous avait habitués. 

Chaque morceau se termine par de longs applaudissements et la possibilité de poser quelques questions à Aoi qui se prête volontiers au jeu avant de poursuivre son concert. 

Comment vous dire que pour moi qui hormis le gospel de James Brown dans les deux films Blues Brothers ne suis pas franchement calé sur le sujet, ce fut une surprise de plus de reconnaître dans la mélodie du quatrième et dernier morceau la chanson que chantent les gars de la easy company dans l'épisode 6 de ma série préférée Band of Brothers ?

Je veux dire, quelle était la probabilité d'entendre pour la première fois la mélodie complète de ce morceau à Kyoto interprété par une musicienne au style proche des maikos et geishas ?

Pour terminer je vous propose un petit montage du deuxième morceau de la soirée intitulé Kajimakura évoquant une rupture amoureuse.

Parce que pour le coup si on ne peut jamais être certain de ce qu'une romance peut donner on peut dire avec certitude qu'une fois que ce sera parti en vrille cela donnera les meilleures chansons 😆

La preuve en images avec des plans du palais impérial et du quartier de Gion by night pour illustrer le tout !

Encore merci à Aoi pour sa prestation incroyable, en espérant que je puisse assister un de ces quatre à une représentation dans le deuxième décor. 

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