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Gaff-in-Japan

Le Japon à travers le regard d'un doux ahuri

Un p'tit tour au ciné... Et évidemment c'est pas en VF

Publié le 21 Octobre 2026 par Gaffeur in Kyoto

Quand tu vois ça t'es obligé de chercher le cinéma le plus proche

Quand tu vois ça t'es obligé de chercher le cinéma le plus proche

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Avec toutes les références cinématographiques que j'ai éparpillées durant les articles précédents, je pense qu'il n'est pas difficile de savoir qu'en plus de la culture japonaise je voue une grande passion au Septième Art depuis que j'ai découvert qu'on pouvait faire un grand film de braquage sans montrer une seule image du dit braquage dans le Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. 

Aussi il était impensable que je ne finisse pas par officiellement connecter mes deux passions dans le même article sur ce blog !

Au cours de mes deux (et bientôt trois je l'espère) voyages au Japon j'ai par deux fois pris une journée "off" niveau promenade afin de me frotter à ma passion principale histoire de voir comment se passent les choses aussi loin de nos contrées. 

Il faut dire qu'à quelques pas du Café Neighbors j'ai trouvé dans une ruelle les silhouettes de Charlot et son célèbre Kid qui semblaient me murmurer "mec tu adores le cinéma et il y a une salle à cinq minutes à pieds d'ici, tu attends quoi ?"

En effet dans le quartier de Nijo à Kyoto juste à côté de la gare du même nom se trouve un cinéma Toho, une chaîne de multiplexes qui pourrait être comparée en terme de salles à notre célèbre coq jaune puisque Pathé compte environ 75 cinémas en France et Toho entre 70 et 74 au Japon selon les sources. 

Cependant nous pouvons dire "cocorico" et c'est vraiment le cas de le dire Pathé arbore un panel d'environ 800 salles contre 700 pour nos amis nippons ! 

Certes mon expérience ne sera pas celle du cinéma de quartier indépendant axé films d'auteurs, mais alors que j'enclenche le bouton du dernier étage de l'ascenseur du bâtiment qui abrite le Toho je me dis que peu importe le film je pourrai dire que j'ai vu un film à l'autre bout du monde, fut-il un nanar ultime. 

Faire 11 000 bornes pour voir la tronche à Pedro Pascal !

Faire 11 000 bornes pour voir la tronche à Pedro Pascal !

Les portes s'ouvrent et je me retrouve de prime abord dans un cadre familier puisqu'on trouve dans le hall du cinéma plusieurs bornes pour réserver nos places (je n'ai hélas pas noté de file prévue pour ceux qui voudraient avoir affaire à un être humain, comme quoi nos deux pays peuvent aussi s'accorder sur le soi-disant progrès consistant à supprimer des postes) ainsi qu'une section destinée à la commande de boissons et de sucreries pour accompagner notre séance. 

Régulièrement j'ai pu lire sur internet dans les avis de voyageurs que le cinéma au Japon est presque un luxe puisque la place de cinéma dans un Toho frôle les 14 euros.

Ha ha ha ! 

Dans ma localité où il n'y a presque que des Pathé c'est 15.70 ou 16.70 euros juste pour une place classique, un chiffre qu'il faudra bien augmenter de dix balles si vous voulez un pop-corn et encore deux euros de plus si vous voulez des bulles dans votre coca-cola.

Bref 14 euros la place ça me rappellera ma jeunesse puisque la dernière fois que j'ai payé ce prix là je n'avais toujours pas atteint la trentaine !

Au bar, je commande un jus de fruits exotiques frais préparé sur place pour environ 300 yen soit même pas 2 euros. 

Je me dirige ensuite vers la borne et opte pour un ticket pour Beetlejuice 2 (qui au passage sera nettement meilleur que la boisson dérivée dont j'ai parlé ici).

Comme chez nous un plan tactile me propose de choisir ma place et ô joie il n'y a qu'une poignée de curieux avant moi : je vais pouvoir m'installer où je veux soit au dernier rang pour ne pas finir avec la migraine.

Première séance de cinéma au Japon : première connerie !

Car dans nos contrées le plan affiche la salle avec l'écran situé en bas de l'image... Mais chez Toho c'est l'inverse !

Comment vous décrire ce sentiment lorsque cherchant le rang A en me dirigeant vers les places du fond je me suis dis "bah ils sont cons ou quoi leur alphabet est à revoir les rangées sont à l'envers" avant de réaliser qu'effectivement il y avait bien un con dans la salle mais que ce n'était pas un japonais. 

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Et ici il est écrit "Predator Badlands" et croyez moi vous avez mieux à foutre que de perdre deux heures devant cette daube, même en version japonaise

Et ici il est écrit "Predator Badlands" et croyez moi vous avez mieux à foutre que de perdre deux heures devant cette daube, même en version japonaise

Bref après deux heures de film où je me suis dis que Tim Burton en avait encore sous le capot (opinion qui a un peu changé depuis l'arnaque de la saison 2 de Mercredi mais bon passons) je me jurai de faire attention au plan si d'aventure je devais retourner dans un cinéma japonais.

Un an plus tard presque jour pour jour je retournais au Toho cette fois-ci pour un film on ne peut plus japonais puisque Princesse Mononoké le chef d'oeuvre de Miyazaki Hayao était à l'affiche, pensez bien qu'il n'a pas fallu que je lise le programme deux fois avant de me retrouver à nouveau dans le hall du cinéma en question.

Cette fois-ci les fraises mixées ont remplacé les fruits exotiques et les affiches du nouveau Predator ont éclipsé celles de Gladiator II (et si vous me demandez j'ai passé un bien meilleur moment devant ce dernier, c'est dire le niveau de Badlands) mais mon sort ne sera pas différent de celui de l'année passée.

En effet si aujourd'hui on ressortait disons Les Barbouzes, L'Armée des Ombres ou Police Python 357 au cinéma il y aurait certainement des afficionados pour payer la place, mais comment vous dire que je ne m'attendais absolument pas à ce que le Toho de Nijo affiche presque complet pour Mononoké sorti il y a pourtant presque trente ans !

C'est donc reparti pour deux heures au premier rang puisque toutes les autres places sont occupées par un public très hétéroclite dont des gosses pour un film avec des scènes assez dures ce qui me fait réaliser que ce n'est pas pour rien que le cinéma japonais a été l'un des premiers à montrer la violence frontalement.

Mais malgré la petite douleur aux cervicales qui en a découlé l'expérience fut des plus enrichissantes : voir un Miyazaki en grand qui plus est au Japon ce n'est probablement pas le genre de choses que je ferai chaque année, et surtout je me suis amusé à retrouver les gimmicks de pré-séance qui m'avaient tant amusé l'an passé !

Parce que si en France nous devons nous farcir à chaque fois avant chaque film Jean Mineur et sa pioche où bien cette putain de pub malaisante de la Maif (pitié arrêtez avec ça), les cinémas Toho ont eux aussi leurs pubs obligatoires. 

Cela passe par des spots a priori de prévention et de bienséance réalisés en animation 2D (j'ai cru comprendre que l'Ecureuil était le casse-noix de la bande, ce qui est plutôt logique finalement vu le choix de l'animal) mais aussi par une présentation du programme à venir par l'égérie des cinémas Toho Hirona Yamazaki. 

Et y'a pas à dire entre les bonshommes en trois traits qui déballent de la propagande d'assureur et une charmante dame tirée à quatre épingles, malgré la redondance il y a quand même un cas où le visionnage est plus agréable. 

A l'issue de cette séance je me frotte à une différence de taille avec l'expérience cinéma en France : chez nous les spots invitant le public à trier ses déchets à la fin du film sont limites moqués par une partie de nos concitoyens qui estime que renverser le pop-corn partout fait partie du jeu et je ne compte plus les fois où je me suis demandé si j'avais partagé la salle avec des humains ou avec des singes hurleurs.

Mais au Japon la fin de séance signifie faire la queue pour déposer son plateau et jeter ses emballages en serrant la gauche pour laisser passer à droite les spectateurs qui n'auraient pas eu envie d'une boisson ou d'un snack.

Résultat : une salle tellement impeccable à la fin de la diffusion qu'on a du mal à croire qu'elle était pleine à 99% de spectateurs ayant presque tous acheté des boissons et des friandises.

Pour ma part je n'avais qu'une boisson et le film a creusé mon appétit, ce qui me donne une excellente excuse pour me rendre une nouvelle fois au café neighbors dont je suis une véritable groupie histoire de m'envoyer un bon bol de fruits et un café bien réconfortant puisqu'il pleut dehors. 

Verdict : le cinéma au Japon non seulement ce n'est pas si cher quand on est habitué à aller chez Pathé, mais en plus cela m'a réconcilié avec les salles bondées puisque tout le monde ferme sa gueule et trie ses déchets à la fin.

C'est quand que j'y retourne ? 

Ici au moins je ne risque pas de me tromper !

Ici au moins je ne risque pas de me tromper !

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